Les haricots verts

On a chacun nos obsessions et nos peurs, plus ou moins grandes, au PaysDesRêves.  Sans classement j’en ai deux principales, quand-même : la BOUFFE nourriture et la peur d’un drame, de quelque chose qui pourrait arriver. Ça s’appelle un incident de sécurité, ça fait moins peur.

Ce n’est pas pour rien qu’on laisse la vieille balle de kalachnikov dans le plafond du bloc, et dans le cadre de porte de notre maison-bureau et l’impact dans l’aile de la voiture numéro 13 (je vous jure que c’est vraiment son numéro, en plus). C’est pour que les « nouveaux », ceux qui arrivent au PaysDesRêves et qui n’auraient pas encore remarqué que c’était la guerre, le remarquent plus facilement. Et s’en souviennent, au quotidien. Et surtout aussi pour que ceux qui sont là depuis trop longtemps s’en rappellent. Il y a beaucoup de frustrations quotidiennes dans l’équipe, avec les règles de sécurité. Parce que quand on vient d’arriver on ne les comprend pas trop, quand on est là depuis trop longtemps ça nous fait suer, et qu’au milieu de la mission on s’est habitué et on croit être hors de danger. Et pourtant, on les voit, à l’hôpital, les gens troués par des balles, les paysans qui ont sauté sur une mine et qu’il faut amputer ou la femme enceinte avec ses deux éclats d’obus dans le ventre. C’est assez… clair, quoi.

L’autre nerf de la guerre, c’est la bouffe, appelons les choses par leur nom. Je ne sais pas si c’est héréditaire ou acquis, mais le régime au PaysDesRêves, je le trouve dégueulasse immangeable. Ça me mine le moral, de manger tous les jours du ragout de chêvre, du riz aux charançons, du guacamole aux amibes (raaaah, tous les midis), et du manioc gluant depuis 7 mois. Et oui, je sais, je ne devrais pas dire ça parce que tant de gens autour n’ont pas à manger, mais j’assume, je n’y arrive plus.

On a tout essayé. Le cuisinier, qui avant qu’on ne l’embauche était genre mécanicien pour vélos, n’y est pas pour grand-chose. Bon, sauf la fois où on a tous eu la giroflite, parce que 2 pleines poignées de clous de girofle dans du ragoût de chèvre pour 9, c’est un peu abuser, CherBocuse. Dommage que ça ne tombait pas la semaine de l’amibiase, on aurait bien voulu savoir si ça fonctionnait dessus, au lieu de juste empester le cabinet dentaire à 100m à la ronde à chaque rot expiration. L’article du siècle dans The Lancet, on y croit.  La liste des courses est limitée, aussi.Je n’aurais pas cru rêver de nourriture un jour, et ça m’est arrivé. Rêver d’un millefeuille, d’une blanquette de veau ou même de haricots verts.

Et ce week end, l’équipe qui était en repos en a trouvé au marché central de la Capitale, des haricots verts. Youpi, des vrais, presque extra-fins et tout, ils n’ont même pas l’air d’avoir trop de graines ou de fils. Et quand bien même, tant pis, on est tellement contents de notre trouvaille qu’on en parle, avant, pendant, et après les repas. On fait un peu pitié, enfin surtout ceux qui ont « République Française » sur leur passeport. Les autres ont l’air de bien mieux s’en sortir.

Dès qu’il rentrent, on commence à manger goulument notre réserve de haricots verts. Il en reste, d’ailleurs, et je vais pouvoir inviter AmoureuxSérieux. Il habite dans un autre quartier de VilleMoche, il viendra chez nous. Ce soir-là, ma colocataire, DocteurA, va sortir au BarEnFace avec son équipe. Le reste de l’équipe expatriée habite une autre maison, plus loin dans VilleMoche. Les soirées à deux sont l’exception, ça vaut bien des haricots verts, j’en rachète donc deux parts aux autres.

La soirée et les haricots sont délicieux, comme tout ce qui est rare. Même pas un petit mot de l’infirmière de l’hôpital, j’ai laissé le service relativement calme, tout est à sa place dans l’Univers. AmoureuxSérieux et moi dînons sur la terrasse de la maison-bureau.

Une première rafale. Très, très près. Pas le tac-tac-tac-tac habituel qu’on entend au loin de temps en temps. On a déjà bondi de nos chaises pour se réfugier dans la maison en courant. Pas encore arrivés dans le couloir, qui va nous servir d’abri sans fenêtre, qu’une deuxième rafale claque, comme encore plus près. On s’assoit côte à côte au sol, loin des portes, beaucoup trop nombreuses, maintenant. Une explosion, une autre plus grosse, on a mis nos bras croisés sur nos têtes. Je m’entends crier, lui reste calme en apparence. J’ai dû lui demander « Mais qu’est-ce qu’on fait, bordel, maintenant? » parce qu’il répète qu’on va essayer de rester calme, de respirer normalement, et que ça va passer. Une pause, il va fermer la porte qu’on avait laissé grande ouverte, la verrouiller aussi, ça paraît long, en fait ça ne doit pas l’être tant que ça. Les tirs et les explosions continuent, je n’ai jamais eu aussi peur, j’ai déjà mal au ventre.

On essaie de raisonner : ça ne doit pas être un braquage, vu qu’on entend pas de bruits de vitres brisées de la maison ou des voitures garées devant, ça ne doit pas être une attaque de notre bureau. Je lui explique que j’ai un double de la clé du coffre avec mes clés. Si jamais ils veulent l’argent on ne résistera pas, on l’ouvrira et donnera tout, il n’y a pas tant que ça et on sera vivants, au moins. C’est irréel, et beaucoup trop réel en même temps.

Est-ce qu’ils tirent sur le BarEnFace? Punaise, et DocteurA qui y est depuis tout à l’heure, est-ce qu’elle y est encore? AmoureuxSérieux ressort chercher sa radio VHF oubliée, malgré mes cris mon désaccord, il doit prévenir son équipe qu’il va bien. J’appelle DocteurA sur la radio, pas de réponse. Le réseau portable est coupé, bien sûr, c’est la première chose que le GrandCommandant fait, pour que la communication entre les rebelles soit plus difficile.

DocteurA est arrivée récemment, elle est super, comme médecin mais aussi comme personne. On s’en fout, elle serait nulle en médecine et humainement pénible je me ferais un sang d’encre quand-même. J’essaie de me rassurer, elle est avec une grande partie de l’équipe du PaysDesRêves, ils vont savoir quoi faire. C’est sûr. Pendant ce temps, les tirs continuent, les explosions aussi. Ça doit être des grenades, surement, aucune idée de ce que ça pourrait être d’autre. NouvelleChèfe m’appelle sur la radio, je ne comprends rien tant les tirs sont forts, je lui dis qu’on est dans le couloir et que je l’entends mal. J’arrive finalement à joindre un des chauffeurs sur la radio de DocteurA. Ils sont dans une pièce arrière du bar, ça tire de partout, ils ont trouvé un matelas pour se protéger. WTF, hein, un matelas et une porte en bois contre des grenades et des balles, mais il m’explique en chuchotant qu’ils sont « en train de renforcer la porte avec des planches, je ne dois pas m’inquiéter, [il] doit raccrocher là« . DocteurA pleure mais n’a rien, physiquement, elle est avec des blessés qu’elle essaie d’examiner à la lueur de son téléphone portable.  Ils ne peuvent pas sortir, ça tire trop. Ce chauffeur je le connais bien, c’est ChauffeurFuté, celui de la voiture numéro 13. Il s’est démené pour bien terminer plusieurs incidents déjà, mais là j’ai vraiment peur que ça ne suffise pas.

Il faut que j’aille dans le bureau avec fenêtre pour trouver la putain de liste téléphonique, je n’ai pas tous les contacts dans mon téléphone, quelle andouille. Je rentre mon visage dans mon Tshirt et je décroche vite la feuille du mur, les tirs sont vraiment proches de l’arrière du bureau et la fenêtre me terrifie. Mon cerveau fonctionne juste en pilotage automatique. Je ne sais pas ce qu’il va se passer dans quelques secondes. Dans l’ordre, je voudrais juste que ça s’arrête, que DocteurA revienne, qu’AmoureuxSérieux ne meure pas, que si ça m’arrive ça ne fasse pas mal, que si il est blessé je sache quoi faire, et que tout le monde de l’équipe soit vivant et intact.

AmoureuxSérieux pense à faire rentrer notre gardien dès la prochaine acalmie de quelques secondes. Il tremble un peu, parle peu français mais explique qu’il veut rester dehors garder les voitures. Il est sincère, je lui explique que je préfère qu’on se fasse voler les voitures et que lui soit avec nous. Pas trop envie de discuter longtemps devant la porte, bien à découvert, hein. Il accepte de venir avec nous dans le couloir. Il doit savoir un peu plus ce qu’il se trame, mais on a du mal à se comprendre et je ne veux pas le presser de questions, il est assez bousculé comme ça. Il vient avec nous dans le couloir,  et on commence à s’organiser. J’ai retrouvé du chocolat, des cigarettes et on découvre que dans la malle d’urgence, dans le couloir, il y a une bouteille de rhum. On n’y touche pas pour l’instant.

La malle d’urgence est le fruit de nombreuses expériences qui ressemblent à celle-là, en pire. Dans cette cantine en métal il y a de quoi tenir plusieurs jours en nourriture non périssable, notamment. Un vrai radeau de survie du couloir:  un réchaud, des allumettes, des cigarettes, du riz, des pates, des boites de conserve, des pastilles de chlore pour l’eau, du papier-toilette, et du rhum, donc. Il y a aussi une malle d’urgence médicale avec des médicaments, des solutés de perfusion et du matériel de suture. Ce soir-là, je bénis tous ces gens qui ont pensé à tout ça, au moins pour 10 générations, si j’en avais un à portée de main je lui roulerais une pelle sauterais au cou.

Une heure ou deux se passent, on a l’impression que d’autres tirs viennent d’ailleurs, peut-être une riposte des militaires. Ça semble venir de partout autour. Il y a des tirs d’arme lourde reconnaissables, ça tremble. Le reste de l’équipe dans l’autre maison reste calfeutré aussi, même si c’est plus loin ce n’est pas si loin. Pas moyen d’aller à l’hôpital, aucune idée si des blessés y sont déjà, vu l’intensité on se dit que non, pas pour l’instant, personne ne doit pouvoir se déplacer. L’équipe chirurgicale trépigne un peu, d’après ce que je comprends.

Progressivement, le pire ce n’est plus le bruit des tirs. Le pire c’est presque le silence entre les rafales. Non, pas complètement, en fait, mais c’est spécial. Aucun cri, aucun signe de présence humaine vivante. Peut-être que tout le monde est parti, j’espère que c’est juste ça.

ChauffeurFuté a parlé avec les militaires du BarEnFace et m’appelle pour prévenir qu’ils vont faire traverser DocteurA dès que ça se calme un peu. Elle arrive, très choquée. Elle voulait rester avec les blessés, elle n’a rien pu faire. Elle est contente quand-même d’arriver dans le couloir. Avec les matelas de nos lits et les couvertures on l’installe comme on peut au sol. On est une douzaine, avec l’équipe des chauffeurs et logisticiens du PaysDesRêves et le gardien. On mange un peu, on se fait un thé, ça se calme pour des durées plus longues. On décide à l’unanimité qu’on va essayer de dormir dans le couloir. Personne n’a envie d’avoir une chambre avec fenêtre. ChauffeurFuté veut repartir chez lui avec d’autres, ils s’inquiètent pour leur famille. Je réalise avec honte que je n’y avais même pas pensé, aux gens dehors, pas trop.

Peu d’entre nous dorment, je n’arrive pas à fermer l’oeil, trop de peur, de questions. DocteurA a pris un truc pour dormir, pour déconnecter et dort collée à moi jusqu’à ce que ça fonctionne. Je reste en contact au téléphone avec NouvelleChèfe. Je ne m’entends pas très bien avec elle, on a du mal à se comprendre, elle et moi. On n’est pas en phase sur plein de choses. Elle a un regard neuf, c’est fatiguant quand on est fatigué, aucun recul de ma part. Ça fait 7 mois que je suis là, et la révolution je n’ai plus trop envie de la faire. Je ne dis pas que c’est bien, non plus, hein.

Progressivement, la situation redevient calme. Le jour se lève, on sort sur la terrasse, puis dehors. VilleMoche reprend très vite un rythme presque « normal », avec vélos, vendeurs ambulants dans la rue principale. Mis à part qu’ils n’ont pas ramassé tous les corps, enfin ils ont laissé les civils plus exactement, c’est comme une journée normale, en plus calme, un peu ralentie. L’équipe qui était dans l’autre maison, plus loin, après s’être assurée que c’était possible et relativement sûr, est partie à l’hôpital. La salle des urgences est en chaos, pleine de blessés à trier, et plusieurs déjà morts.  Personne n’est blessé dans notre équipe, à part le gardien de l’entrepôt qui a une entorse. Il a couru quand il les a vu tirer entre l’entrepôt et notre maison. AmoureuxSérieux part rencontrer son équipe pour décider de la suite. DocteurA, NouvelleChèfe et moi appelons la GrandeChèfe à la capitale, qui a elle même parlé à SuperChefDuSiège. Il est décidé que DocteurA, LogisticienneSuper et moi devons rentrer. Évacuer, on dit, en fait. Au moins à la capitale, et on verra après.

AmoureuxSérieux aussi a appelé la capitale et lui aussi doit partir. Il fait des dizaines de chèques pour payer 3 mois de salaire à tous ses employés, il est toujours calme, il a l’air de maitriser. Il me scie. On fait notre sac, même pas le temps de repasser à l’hôpital, j’écris de vagues transmissions sur les patientes qui chauffaient dont je me souviens. Je suis moitié-soulagée, moitié-ahurie de partir si vite. Moitié-honteuse de laisser tout le monde tomber comme ça pour partir comme une voleuse, ça fait vraiment chier. Moitié-inquiète de prendre la route aussi. Et pas la peine de me dire que tout ça fait bien trop de moitiés, j’ai vu aussi, et ça déborde de partout, c’est exactement ça.

Comme j’ai la tête à l’envers et que dans ces cas-là il ne faut pas me chercher, je m’engueule avec NouvelleChèfe qui préfère qu’on ne prenne pas de malle d’urgence médicale avec nous dans la voiture du convoi d’évacuation. La règle veut qu’il y en ait une par véhicule, mais là elle préfère la garder. Je m’énerve que si on rencontre des blessés sur la route, ou qu’au hasard ce sont nous, qui sommes blessés en route, je préférerais pas qu’avec DocteurA on fasse juste l’apposition des mains. GrandeChèfe de la capitale rappelle pour dire que la route est ouverte pour 2 heures, après rien n’est garanti, et que oui, bien sûr, on doit prendre une malle d’urgence avec nous.

ChauffeurFuté conduit, on fait la route ensemble avec AmoureuxSérieux. LogisticienneSuper pleure. Pas de peur ou tristesse, mais de rage. Elle voulait rester, et n’a pas pu. Arrivée à la capitale, téléphone du PsyQuiS’yConnait, de SuperChefDuSiège, plusieurs fois. On débriefe, on vide notre sac. Évidemment, eux ça leur est déjà arrivé, et ils ont beaucoup de recul sur la guerre au PaysDesRêves. Ça fait du bien, juste d’entendre que notre réaction est normale, mais que c’est la situation qui ne l’est pas du tout.

Ils ont décidé qu’on allait rentrer à Paris, probablement. Ils en discutent encore au même moment, sans nous. Ça fait partie des règles. De toutes façons je n’ai pas beaucoup d’arguments pour rester. Ma mission était presque finie et je suis un peu brulée après 7 mois d’astreinte quasi-permanente. DocteurA doit rentrer, trop exposée, on prendra l’avion ensemble, c’est mieux. LogisticienneSuper et AmoureuxSérieux retourneront peut-être à VilleMoche si la situation le permet.

Le week end passe, dur de se dire que c’est le dernier au PaysDesRêves. Enfin, tout de suite moins difficile pendant les bombardements nocturnes, en fait. Ça me fait réaliser que j’en ai ma claque, pour de vrai. AmoureuxSérieux viendra passer ses prochaines vacances à Paris, et je ne pense pas qu’on remangera des haricots verts. On vote que l’aéroport du PaysDesRêves est quand-même le plus moche endroit du monde pour se dire au revoir. Avec DocteurA en embarquant on perd 20 kilos de trouille, au moins. Dans l’avion on boit la moitié des cognacs de la réserve, elle mélange ça avec ses médicaments, bon.

A l’arrivée à l’aéroport, SuperChefDuSiège nous serre dans ses bras, nous conduit sur la Lune vers Paris, dit que le psy nous attend plus tard, lui aussi, demain, quand on sera prêtes. J’arrive chez une de mes soeurs, qui n’a pas tout compris. Mon sac sent le moisi, elle lave tout et je dors 12 heures, dans son lit. Au réveil mon tympan est très douloureux, j’ai une grosse otite comme si j’avais 5 ans. Trop entendu de choses anormales, trop de peur? Je ne sais pas, d’habitude je n’aime pas interpréter, mais là on s’en fout de d’habitude. Pour l’instant je ne vais pas aller à la patisserie chercher un millefeuille, pas tout de suite. C’est pourtant la première chose que je pensais faire en rentrant du PaysDesRêves, mais pas comme ça. Pas à 4 heures du matin, c’est fermé, voyons.

19 réflexions sur “Les haricots verts

  1. tourmalyne dit :

    Je lis ça de mon petit bureau bien au chaud, et …Ho la claque!
    La lecture m’a tenu en haleine du début à la fin.

  2. stephane dit :

    Bon retour en France, prenez soin de vous. Merci pour le partage de votre expérience.

  3. LaurenceB dit :

    My goodness!
    Je n’ai strictement rien vécu de comparable, mais je compatis à plein sur le sujet de la nourriture.
    J’imagine que le décalage entre Paris et le PaysDesRêves c’est le genre de vertige à plonger psychiquement au fond du trou.
    À vous tous, chapeau bas!

  4. Babeth dit :

    Ben voilà, tout de suite ça calme hein! Et finalement, ton millefeuilles, tu l’as mangé?

  5. coco dit :

    merci…
    donnez vous du temps
    donnez nous de vos nouvelles si vous pouvez/voulez…

  6. monoblogue dit :

    J’aime bien l’interprétation de la fin sur l’otite ;)
    Merci de prendre le temps de nous faire partager ça. Tes articles sont passionnants à lire, et on en ressort pas indemne, de ton blog. C’est vraiment quelque chose ce que tu racontes, tout prend une dimension différente – enfin, on a un peu plus conscience du monde dans lequel on s’inscrit, où qu’on soit et quoi qu’on fasse.
    Bonne continuation, bon millefeuille.
    Et merci !

  7. martine dit :

    C’est dingue! J’ai honte d’être tenue en haleine comme si c’était un bon roman.
    J’ai honte d’attendre un nouvel épisode genre « saison 3 » de la super-série…
    Presque je serais triste qu’elle ne soit plus au pays des rêves…
    Merde…Quelle horreur!

  8. Stair' dit :

    Pfiou, une fois de plus tu m’as transportée, il n’y a pas une ligne que j’ai pu sauter. J’en avais des frissons, moi qui n’ai rien vu et qui ne suis jamais allée dans l’un des PaysDesReves.

    Merci à toi pour ces témoignages.

  9. merecruelle dit :

    J’éspère qu’il y aura des nouvelles, que vous allez pas trop mal, et que de l’éspoir est en vous. Effectivement, c’est si bien écrit, que l’on croit pouvoir comprendre, que cela nous secoue, mais bougerons-nous?
    A bientôt…

  10. Sophie dit :

    Le sujet n’est pas facile mais l’article est bien écrit. Je ne te connais pas mais je t’ai trouvée drôle et bouleversante. J’apprécie cette honnêteté, cette franchise qui ramène l’humanitaire a sa place. Trop de gens trouve ça « cool » de faire de l’humanitaire mais ne réalise pas le travail que c’est et le traumatisme que ça engendre. C’est bien qu’une sage femme l’ouvre grande pour dire que c’est enrichissant certes mais éprouvant physiquement, psychologiquement et ça fait peur parfois, bin oui, c’est pas non plus le club med… Je le conseillerai a toutes mes collègues infirmières qui se la jouent baroudeuse du dimanche et qui reeeeevent de faire de l’humanitaire…

  11. Isacaribou dit :

    Je ne vais pas redire ce que je t’ai déjà dit, ce serait du réchauffé. Mais quand même, je n’ose imaginer l’effroi, la peur, l’angoisse de ne pas savoir(ou de savoir peut-être) AmoureuxSérieux a t-il quitté VilleMoche?

  12. docteursachs dit :

    Un départ précipité comme celui-ci, ça laisse forcément un arrière goût amer d’inachevé, de culpabilité face à ceux qui n’ont pas eu le choix de rester là bas.
    C’était sans doute la meilleure chose à faire dans ces circonstances.

    Ça doit faire drôle d’être en sécurité dans un appartement calme, et de revivre tout ça par écrit.

    Je crois qu’on y était avec vous, et qu’on savourera les prochains haricots verts avec délectation.

  13. Epitaf_ dit :

    Ça va peut-être te sembler curieux, mais d’un côté, ce post ne me « scotche » pas autant que je l’aurais imaginé. Peut-être parce que c’est bien là le seul genre d’évènement que je me serais facilement représentée pour qq’un qui part en humanitaire dans un pays en guerre. Of course, this is not the point ! Ambivalence matters : désir de partir pour se mettre à l’abri (physiquement et psychologiquement) versus désir de rester pour ne pas « abandonner » ses patients, ses collègues, son AmoureuxSérieux…

    Ce qui me souffle, c’est cette faculté de décrire avec tant de précisions (sensorielles notamment) un évènement qui pourtant « date ». Quand bien même tu aurais tenu un carnet de bord à l’époque (chose que j’ignore), la précision avec laquelle tu décris la scène et tes ressentiments témoigne de la violence du traumatisme. Et c’est ce qui rend la lecture effroyable.

    « Dans l’ordre, je voudrais juste que ça s’arrête, que DocteurA revienne, qu’AmoureuxSérieux ne meure pas, que si ça m’arrive ça ne fasse pas mal, que si il est blessé je sache quoi faire, et que tout le monde de l’équipe soit vivant et intact. » Tu l’as vu y passer. Tu t’es vue y passer. J’espère que mettre ça sur papier t’aura au moins un peu apaisée.

    Merci Sophie.

  14. cloc dit :

    Je découvre ton blog sur ce billet qui a l’air de sonner le glas de cette expédition. Pas grand chose à dire, soulagée de savoir que tu es revenue et que tu as pu raconter.

  15. murmure dit :

    wow
    Ca calme, là tout de suite.
    tu es repartie après ça un jour?

  16. SophieSF dit :

    @epitaf : non, cela ne m’a pas surprise, même si à part certains endroits particulièrement difficiles, ce que je décris ici n’est pas le quotidien, heureusement! Oui, j’avais un cahier, que j’ai beaucoup rempli après être arrivée à la capitale, certains détails viennent de là, d’autres des souvenirs très (trop?) vivants qui sont encore dans ma tête.
    Ah oui, cette fois-là c’était vraiment très près, je me suis vue y passer, lui aussi. Pas pour une très longue durée et heureusement +++ ça n’est pas arrivé souvent. Mais c’était la première fois, ça m’a beaucoup marqué et ça m’a beaucoup aidé de l’écrire, pour faire le tri dans ce bazar. Ça remue et apaise en même temps. Merci tellement pour ton commentaire! :)

    @cloc : oui, après ça je suis rentrée et ai pris le temps de récupérer. Merci beaucoup d’avoir lu!:)

    @murmure :oui, je suis repartie …dans le même PaysDesRêves, puis dans d’autres après. Merci!:)

  17. SophieSF dit :

    Merci à tous pour vos commentaires! Encore une fois, je suis très touchée (je radote hein).
    Pour répondre à vos questions, remarques :
    @tourmalyne : merci d’avoir lu, désolée pour la claque :s

    @stephane :de rien, j’ai besoin d’écrire ces histoires pour les sortir de mes pensées, aussi. En fait, je suis rentrée, et…repartie, dans le même pays des rêves quelques semaines plus tard. Merci d’avoir lu:)

    @laurenceB : merci pour la compassion sur la bouffe;) , en fait le décalage cette fois-là était d’autant plus grand car le retour « un peu » précipité. (remets ton chapeau, n’importe qui dans la même situation aurait fait la même chose, pour vrai)

    @babeth : ouiii!, tout plein de millefeuilles et autres, tu penses bien:) (je me suis dis que je les avais mérités, ahem)

    @coco : de rien:) en fait, 9 ans ont passé, depuis cet « incident », j’ai eu le temps de métaboliser tout ça même si le souvenir est toujours vif. J’y suis retournée, dans une autre ville du PaysDesRêves, et dans d’autres PaysDesRêves, l’aventure va continuer:) Merci pour votre commentaire.

    @monoblogue : »J’aime bien l’interprétation de la fin sur l’otite » oui, épatant, ou pas, jamais compris;) La situation dont je parle ici c’est juste ma perception, ce n’est pas un tableau complet, bien sûr, mais je suis touchée par ton commentaire. Merci:) (et oui, miam)

    @martine : bah, non, il ne faut pas avoir honte, sinon je n’avais qu’à pas l’écrire, aussi, cet épisode! :) Oui, c’était dûr, mais j’y suis retournée, pour la saison 4, à suivre;)

    @stair : merci à toi d’avoir lu sans sauter de ligne :)

    @merecruelle : j’avais « un peu » la tête à l’envers après cet épisode. Ça s’est rétabli, après, mais ça a pris du temps. La suite viendra, sans faute:)

    @sophie : ah zut si tu les calmes, comme on va recruter?;) C’est une blague, bien sûr. Au second degré (ou d’avantage), ça m’a parfois fait sourire, les graaand(e)s baroudeur(s) que tu décris. Moins là-bas, mais chacun fait son cheminement à son rythme et ça fait aussi de belles surprises. Tu peux compter sur moi pour « l’ouvrir », huhu. Merci!:)

    @isacaribou oui, c’était intense, et oui, AmoureuxSérieux a quitté Ville moche, y est retourné quand ça s’était un peu calmé, puis en est reparti:)

    @docteur Sachs :oui, ça m’a beaucoup travaillé d’être partie comme une voleuse, mais j’étais brulée, sans vouloir m’en rendre compte (les joies du burn out). Et oui, ça fait bizarre de le revivre, mais c’est plus apaisé, maintenant. Bons haricots verts!;)

  18. Julia dit :

    Bonjour (tout d’abord!),
    on ne peut que être scotché parce que tu racontes (vous? non « tu »! ca n’enlève rien au respect…!). J’ai connu ton blog par l’article « la question qui tue » qu’une amie fb a partagé, puis j’en ai découvert plein d’autres, tous aussi intéressants , prenants, drôles parfois et toujours bien écrit! J’adore!
    en tant que « jeune » sf, tu arrives à me faire imaginer les ressources humaines et de sage-femme qu’il a fallut que tu réunisses! Lors de tes manoeuvres etc j’ai l’impression d’être avec toi et je me dis (devant mon ordinateur, tranquillement hein!) allez respire, tu vas y arriver!
    Félicitations, continue à te libérer et à nous ouvrir les yeux…
    Je fais suivre certains articles à maman en la prévenant du choc, mais je sais qu’elle va pouvoir faire tourner…! vive le bouche à oreille, et peut-être qu’un jour ca arrivera à un homme à cravate(ou sans) ou plusieurs et que les situations pourront évoluer… ahlalala l’espoir…!
    En tous cas bonne continuation!

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