La question qui tue

Il y a celle qui vient consulter suite à un viol collectif par six hommes armés. Elle vient avec deux enfants, âgés des deux dernières guerres du MerdierIntégral. Elle a donc déjà deux enfants issus de deux viols et là, son retard de règles il faut vraiment qu’elle puisse en parler à quelqu’un, aujourd’hui. Entrez, Madame, bonjour, reprenons depuis le début si c’est possible.

Il y a celle qui arrive en titubant, très essouflée, supportée par deux autres femmes. Elle a 1.8g/dL d’hémoglobine. Elle a aussi un grand sac plastique rempli de morceaux de pagnes et de caillots.

Il y a celles qui viennent avec « LaVieille ». Parce que jamais on ne dit le mot avorteuse. Comme si le mot était plus grave qu’avoir des trous par baleine de parapluie dans le cul de sac vaginal, et de mourir à 14 ans.

Il y a celles qui ne diront pas un mot, à part saigner beaucoup, tant que je ne suis pas seule avec elles et que je répète les yeux dans les yeux que je ne dirai rien à personne.

Il y a celle qui a des feuilles de plantes roulées depuis 10 jours dans le col de l’utérus. Ça colle, dans les narines aussi pour l’odeur un peu, quand je les enlève avec une pince longuette. Et en plus ça a raté.

Il y a celle qui a une branche d’arbuste coincée dans le col. Le col a fait un spasme, ou la branche est coincée plus loin, comment je pourrais le savoir, hein?

Il y a celle dont le péritoine crépite tellement, qu’on ne veut pas y croire, qu’un humain puisse être encore vivant avec autant de fièvre et un ventre à la fois si dur et effervescent. Et on n’a pas à y croire bien longtemps, en fait.

Il y a celle dont l’utérus est plein de trous à l’hystérectomie d’hémostase, à 21 ans.

Il y a celle qui a déjà eu 17 grossesses à 35 ans, et dont la marmaille qui survit n’a déjà pas grand chose à partager dans leur gamelle. Elle explique qu’elle ne veut pas en avoir un troisième sévèrement malnourri admis dans notre centre nutritionnel, dans un an. Et un mari qui ne veut toujours pas quelle prenne la pilule. Alors si on promet qu’on ne lui dira rien, elle veut bien l’injection tous les trimestres, après, merci.

Il y a celle qui a honte de se déshabiller parce qu’elle voit des débris sortir depuis 3 semaines, et que tout n’est pas encore sorti, apparemment. « LaVieille » a dit d’aller consulter, qu’elle ne peut rien faire de plus.

Il y a celle que l’infirmière du PaysDesRêves ne va pas voir de la nuit parce que le coup de la fausse-couche spontanée, on ne lui fait pas, et qui meurt dans la nuit, seule. Même pas en rêve l’heure du décès dans son dossier.

Il y a celle qui est amenée par les gendarmes parce que tout le quartier aurait dit que c’est son fœtus qu’on a retrouvé dans les latrines. Le gendarme hurle qu’il veut qu’on lui confirme que c’est bien le sien, là, en secouant la femme. Et en désignant un vague tissu roulé dans un coin de la pièce. Misère.

Il y a celle pour laquelle le médecin expatrié n’a pas cru qu’elle pouvait être enceinte, vu qu’elle allaite son bébé de 8 mois. Mais bien sûr. Elle vient pour la troisième fois, implorant qu’on fasse quelque chose. Cette fois, elle a vu un de nos véhicules passer et elle s’est littéralement jetée sur la voiture. Comme c’est impossible selon le médecin qu’elle soit enceinte, et que c’est contraire à ses convictions, de faire quelque chose, il me l’a envoyée. Elle est folle, d’après lui. Elle est enceinte de 9 semaines, d’après le test urinaire, le volume de son utérus et la date de ses règles, et elle t’emmerde, DocteurÀL’Ouest. Ce poste au MerdierIntégral avec ses cortèges de femmes violées ou pas n’est visiblement pas fait pour toi et tes convictions. Toi, elles et moi on ne va pas y arriver, là.

Il y a celle qui vient le dimanche pour ne rencontrer personne d’autre que nous. La fausse-couche du dimanche, dans les statistiques.

Il y a celle qui aurait avalé tous ses comprimés pour 7 jours de quinine, pour le faire passer. Et pas le palu, précise sa famille, en chuchotant.

Il y a celle qui revient avec la facture d’un autre hôpital, qu’elle ne peut pas payer : « Avortement pour GrandeOrganisation, 30.000 Francs du PaysDesRêves ». Ça fait 10 euros, à peu près.

Il y a celle que sa famille a dé-pendue d’un arbre, juste à temps, et emmenée en catastrophe à l’hôpital. À froid, et lorsqu’ils sont tous partis, elle explique que si ça continue elle va être fille-mère et être bannie du village à vie.

Il y a celles dont le mari est parti combattre depuis 2 ans et que, du coup, pour la date de naissance, ça ne peut vraiment pas coller, là.

Il y a la troisième fille de la même classe du lycée qui arrive en saignant la rage. Elles ont le même directeur qui ne voulait pas payer le DocteurConnuPourÇa, mais il voulait bien débourser pour LaVieille. Il n’y a pas de petites économies.

Il y a toutes celles qui ne seront pas comptées par l’OMS dans les 47.000 femmes mortes par an suite à l’un des 20 millions d’avortements dans de mauvaises conditions[1]. Ces deux chiffres sont largement sous-estimés[2] pour des raisons multiples. À l’hôpital, par exemple, ce n’est pas évident de compter les « cas »,  quand on voit dans la colonne diagnostic : retour demandé des règlesdisparition transitoire des menstruations (mais où donc étaient-elles parties, encore?), et la fameuse fausse-couche provoquée. Le MonsieurDeL’OMS ne serait pas déçu, j’espère qu’en plus d’être un caïd des stats il est un peu poête.

Déjà que c’est beaucoup, une toutes les 11 minutes, faudrait pas que ça se voit d’avantage non plus, ça ferait désordre. Et puis il ne faudrait pas trop déranger ceux qui donnent des fonds, ou les puissants groupes qui guident si bien les gouvernements de quelques pays riches ou pauvres.

Pas de souci de discrimination, ou de risque de stigmatisation à base de barbe ou de soutane, la volonté de ne rien faire d’efficace au niveau global pour avancer la réflexion sur l’accès à l’avortement est cosmopolite et pluri-confessionnelle. Consensus œcuménique qu’on va uniquement, vaguement et laborieusement développer un peu l’accès à la contraception. Pardon, on dit « planification des naissances », en plus, ça faisait moins sexuel, j’imagine. Et on s’en fout, hein, que si peu de femmes y aient accès, ou qu’aucune méthode, à part l’abstinence notamment, ne soit infaillible. On est bien d’accord qu’on ne va pas faire le service après-vente de la bagatelle, tout de même. On est entre gens comme-il-faut.

Tant qu’on y est, en plus de l’autocollant  No weapon,  ajoutons celui No woman , si on ne veut pas trop se pencher sur la question, ça sera plus clair.

© Ian Berry, Magnum photos

Je n’ai pas de solution, moi, juste des femmes qui défilent dans mes pensées, on continue, d’ailleurs :

Il y a toutes celles qui savent que c’est considéré comme un crime, comme dans beaucoup de PaysDesRêves. Et il y en a quelques unes, parmi elles, qui savent que vu les circonstances, elles ne mettent ni elles, ni nous en danger en venant demander qu’on « fasse quelque chose, là ». D’ailleurs si elles avaient des sous, elles seraient déjà chez le DocteurConnuPourÇa. Et toutes ont compris la portée de leur geste, en arrivant. Et je n’ai jamais vu de soignant qui répondait légèrement à leur demande, et ça ne m’a jamais particulièrement réjouie.

Il y a les médecins qui disent que c’est trop compliqué, techniquement. Ah. Bon. Nous voilà bien. C’est compliqué d’évaluer le volume et la consistance de l’utérus entre 2 doigts vaginaux et l’autre main sur le bas de l’abdomen. Du coup, ça serait compliqué de comparer la taille d’une mandarine, une orange, un pamplemousse ou un melon. Parfois c’est compliqué, même avec un échographe correct et de l’électricité, sacrebleu. Bon, du coup c’est compliqué techniquement sous anesthésie d’introduire aseptiquement une canule d’aspiration ou une curette. Il existerait une espèce de cécité clinique spécifique pour certains. Qui résisterait à la formation. Bizarre.

Et surtout, il y a toutes celles, l’immense majorité d’entre elles, qui ne viendront jamais. Soit parce que ça signerait leur arrêt de mort ou le début de graves ennuis judiciaires, soit parce que personne ne sera là pour les aider. Ou parce qu’il y aura toujours un volontaire pour les humilier jusqu’à l’endomètre, les dénoncer ou les laisser crever. C’est… tellement… compliqué, bordel de merde.

Un jour, j’aimerais bien comprendre pourquoi tant insister pour préserver la vie humaine in utero. Exclusivement, je veux dire. Ou plutôt je ne préfère pas comprendre d’avantage, en fait. « On » s’émerveillerait donc dès la première seconde post-conception et hop, à peine tout-chaud sortie de la matrice maternelle, l’immense majorité des humains peut aller se faire foutre. Sans même parler de celles qui sont autour du produit de conception, quelle drôle d’idée.

Photo © Ian Berry/Magnum Photos

40 réflexions sur “La question qui tue

  1. John Snow dit :

    J’aime assez ta conclusion.

  2. farfadoc dit :

    Comment, mais comment on peut laisser des trucs pareils se produire? La question me vient à chacun de tes billets, et pour celui-là peut-être encore plus fort. Tu as tellement bien résumé tout ça…  » l’immense majorité des humains peut aller se faire foutre ».
    J’ai pas de solution non plus, juste envie de crier « non mais ça va pas bien la tête??? » à tous ceux qui rendent ces situations possibles. C’est à dire beaucoup, beaucoup de monde…
    Y compris un peu moi. Parce que qu’est ce que je fais pour que ça change? Pas grand chose. Est ce que vraiment ça suffit de s’indigner? Sûrement pas. C’est pourtant à peu près tout ce que je fais, comme une gamine devant un truc qui la dépasse complètement. « J’suis pas d’accord. C’est pas juste.  »

    Le droit à la contraception et à l’interruption de grossesse quand nécessaire devrait être inscrit dans les droits de l’homme.
    Ben tiens, d’ailleurs, en cherchant un peu, y’en a qui ont bien réfléchi là-dessus, et qui disent que les droits de l’homme interdisent d’interdire l’IVG. http://www.svss-uspda.ch/fr/ethique/onu.htm

  3. 10lunes dit :

    « Celles qui sont autour du produit de conception ». Si juste formule venant souligner combien ces femmes là bas, mais parfois aussi ici, peuvent être non pas oubliées, mais totalement, terriblement, inhumainement niées.

  4. Quiterie dit :

    Tes articles me laissent sans voix, à chaque fois. Les chiffres sont bien jolis, mais la réalité sur le terrain est tout autre. Merci de nous la faire partager (même sur des sujets aussi difficiles que celui-là)

  5. PMIssime dit :

    Une grande claque de bon matin, accoudée au comptoir…Un immense MERCI ,tes écrits sont d’utilité publiques… sincèrement…Tu parles de chose qu’on préfère taire ou periphraser. La réalité crue ça fait du bien de se la prendre en pleine face, ça rappelle que le combat pour les droits des femmes est loin, loin, LOIN d’être gagné, y compris chez nous où on entend parler dIVG de confort, de »oh elle aurait pu faire attention »,  » de nos jours avec tous les moyens de contraception, blabla bla ». Parce que la femme qui a des relations sexuelles sans finalité de procréation est au fond une pécheresse qui doit assumer sa frivolité en cas d’accident, punition,même chez nous…Encore Merci à toi pour ces piqures de rappels… Pour Ton vécu, ton expérience, ta gentillesse , ton humour !Tu me fais rêver!!!!

  6. docteurdu16 dit :

    Je ne comprends pas bien tout cela.
    Au delà de votre style flamboyant.
    Je comprends que vous souhaitiez que l’avortement puisse se faire dans les meilleures conditions sur la terre entière.
    Soit. Moi aussi.
    Et alors ?
    Vous souhaitez également que personne ne meure de faim. Que les nourrissons ne meurent pas de déshydratation (première cause de décès en Afrique). Que le Paradis soit sur terre.
    Je suis athée.
    Donc, ce qui va venir n’est pas lié à une hypothétique transcendance, mais à une réflexion personnelle sur l’avortement en pays « développé ».
    Les femmes qui souhaitent avorter et qui viennent consulter dans mon cabinet de médecine générale savent que je ferai le maximum pour qu’elles ne souffrent pas physiquement et moralement. Elles auront toutes les explications possibles, non pour les dissuader de le faire, mais pour qu’elles ne souffrent pas trop du « système » qui va s’occuper d’elles. Je les préviens de la façon dont elles seront reçues par les secrétaires des centres de planning familial « Un test de grossesse, une échographie, un chèque ! » ou de cliniques privées « c’est dans ce coin là, un chèque, un chèque, un chèque ». Je leur dis que je préfère une technique chirurgicale à une technique médicale, contrairement à ce qu’on lit partout sur les bienfaits du RU…
    Mais voici : je suis contre l’avortement. Comme je suis contre la peine de mort. Comme je suis contre l’euthanasie légiféré mais pas contre l’euthanasie en général (ah, l’hypnovel…)
    Je respecte la vie intra utérine.
    J’ai déjà assisté à un « avortement » post partum pour cause de déficit majeur comme on assistait jadis à l’exposition des enfants à Rome ou comme on tue aujourd’hui les enfants à la naissance en Inde comme en Chine parce que ce sont des filles.
    Le regretté Paul Yonnet disait à propos de l’avortement qu’il s’agissait d’une division de la conscience.
    Ainsi, en l’état actuel des choses, il n’y a pas pour moi de droit à l’avortement et des sentences comme « Mon corps m’appartient », il y a une nécessité pour les médecins de venir en aide aux femmes qui ne veulent pas de l’enfant qu’elles portent pour a) qu’elles n’en meurent pas ; b) qu’elles n’en subissent pas les conséquences (infection, stérilité). Et sans jugement moral.
    Dans les pays moins développés, l’avortement s’inscrit malheureusement dans le cadre du patriarcat religieux et dans la misère.
    Merci pour ce beau texte.

    • SophieSF dit :

      OK, je suis un peu soufflée par le caractère variable de ton commentaire et il se fait bien tard chez moi mais allons-y :
      – moi aussi, je suis athée. Apostasiée agnostique, plus exactement, mais on s’en fout, ou pas. Chacun ses idées mais je ne suis pas partie par charité chrétienne ou autre, merdalor. Je suis partie pour refuser un statu quo, pour soigner des individus aussi. Parce que ça me fait suer que certaines meurrent 800 fois plus que d’autres. Ce n’est pas obligé de plaire à tout le monde, et en tous cas je n’ai aucune ambition de changer le monde avec ça. J’ai soigné mes patientes quand elles venaient me voir, rien de plus, hein. Tu proposes quoi, toi, sinon?

      – je vois pas trop le rapport avec le paradis sur terre, du coup. Je ne parle pas de trucs que je ne connais pas, sinon je dis des conneries. Mais c’est bien de me faire prendre conscience de trucs comme la faim dans le monde ou la guerre ;) Je ne sais pas trop ce que tu voulais dire : oui, il y a d’avantage d’enfants de moins de 5 ans qui meurent de diarrhées ou de malnutrition sévère que de femmes qui meurent en avortant. Ça ne rend pas la situation individuelle de ces femmes plus acceptable. Et si j’avais rendu mon tablier avant l’heure ou été aigrie, je ne serais jamais partie.

      – j’en parlerai dans des prochains articles, du mythe de sauver l’humanité. Ca ne correspond vraiment pas à ma petite expérience si on considère le peu de gens que l’aide concerne, finalement.

      – on peut relire ensemble mais je ne parle pas nom plus de droit à l’avortement ou de disposer de son corps, ici. Je décris ce que j’ai vu en soignant ces femmes. Et c’est très différent, ou alors je suis passée complètement à côté de ce que je voulais dire dans cet article.

      – j’ai aidé ces femmes pour les mêmes raisons que toi : « a) qu’elles n’en meurent pas ; b) qu’elles n’en subissent pas les conséquences (infection, stérilité). Et sans jugement moral ». et je ne pense pas avoir caché ici que ce n’était pas de la tarte.

      – Je me rends compte que je t’ai répondu longuement mais que si ça se trouve tu ne voulais pas spécialement de réponse. Je n’ai pas tout compris non plus. Merci d’avoir lu!

      PS : je ne sais pas ce que c’est un avortement post-partum. C’était un avortement à un terme avancé de la grossesse?

      • docteurdu16 dit :

        L’avortement post partum, c’est tuer un bébé qui vient de naître parce qu’il est anormal.
        Pour le reste : nous sommes d’accord. Mais je voulais dire que l’avortement que j’ai pratiqué et que je fais pratiquer est moralement dur à avaler. Même pour un athée.

      • François Gilles dit :

        Désolé, mais ton article ne passe pas. Tu crois vraiment les aider? Si on a l’énergie et les ressources pour les avorter, pourquoi n’a-t-on pas l’énergie et les ressources pour les accoucher? Oui, elles seront jugées, cela signifie qu’il y a aussi un travail d’éducation à faire. Et oui, il y a des groupes que tu méprises parce qu’ils ont une forme de foi qui font ce travail. Et qui ne choisisse pas de tuer l’enfant. Et qui aide la mère avant et APRÈS l’accouchement. Encore une fois, désolé, mais tu n’as aidé personne, même avec les meilleures intentions du monde, tu n’as fais qu’ajouter à toute la souffrance du monde, la mort d’enfants…

      • SophieSF dit :

        Deux bonnes nouvelles, non trois, en fait:
        1. Tu n’es pas obligé de lire mon article. Le monde est grand, varié et merveilleux.
        2. Tu peux aller leur tenir la main, je te regarde. Et si je suis occupée ailleurs, écris donc un article!
        3, Ta théorie fonctionne, et elles continuent à en mourir, heureusement que toi et ta « foi », vous êtes là pour arranger le coup. Ça marche super, je suis épatée.
        Merci d’avoir lu.

      • François Gilles dit :

        Sophie, j’aide dans mon milieu les femmes enceintes en difficultés et j’ai reçu des mercis, de femmes qui ont reçu l’aide pour accoucher et qui sont heureuses de recevoir l’aide pour leur vie de mère. Plutôt que d’avoir des milliers d’enfants morts sur la conscience, j’aurais effectivement préféré n’avoir rien fait… Tu me fais penser à cet ours au bon coeur, dans la fable de La Fontaine, qui, pour enlever une mouche du visage de son ami qui dort, lui lance un pavé à la figure et le tue. Je ne nie pas que les intentions soient pures, mais quelle stupidité du raisonnement, et avec pour résultat la mort d’un ami, ou d’un enfant…

      • SophieSF dit :

        Merveilleux, tu ne dois pas y retourner d’ailleurs, sauver des vies?
        Han, ça doit être bien, d’aider des femmes enceintes en difficulté, j’ai vu ça dans un livre, une fois, faudra que j’essaie.
        Pur toi-même, tiens;)
        Je propose d’arrêter là, en fait. J’ai plein d’autres trucs stupides à faire, mine de rien.

    • a dit :

      @docteurdu16 : lecture à froid, je pense que vous parlez de choses tout à fait différentes. Que sur une question telle que l’avortement il est difficile d’en tirer une règle générale : avortement – oui, ou avortement – non.

      Moi aussi je suis contre l’avortement de « convenance » : parce que le bébé arrive x mois trop tôt « donc on n’est pas encore prêts, vous comprenez »; parce que le bébé aura un bec-de-lièvre (sisi, déjà vu).

      Mais il faut quand même avouer que les histoires qu’on nous décrit ici n’ont rien à voir. Et que refuser une aide médicale dans ces situations juste parce qu’on est « contre l’avortement, point barre » relèverait du crime.

      Quelle que soit la règle officielle dans un pays, il y aura toujours des dérives. En France ou dans d’autres pays du même genre, les dérives du type « sélection sur catalogue du bébé; choix de la date de naissance ».

      Dans les PaysDeReve, les dérives contraires : imaginez-vous passer toute votre vie à être obligée d’aimer un regard qui vous rappelle sans cesse celui de votre violeur ? Je pense que n’importe quelle femme qui choisit de fourrer des branches dans son col de l’utérus et donc risquer sa vie pour sortir ce foetus, a déjà eu -et aura toute sa vie- sa part de souffrances, remords et désespoir sans qu’on aie besoin de la juger par dessus tout cela, ou pire, lui refuser une aide médicale.

      • a dit :

        je n’avais pas fini : j’allais dire que pour empêcher chacun de ces deux types de dérives, ce qu’il faut, c’est du discernement et du tact. Et non pas une réponse catégorique qui ne laisse plus de place à l’empathie, que ce soit du côté du bébé ou de la mère.

      • docteurdu16 dit :

        Difficile de se faire comprendre.
        Je ne parlais pas des viols mais de ce qui se passe en Occident.
        Je n’ai pas dit que j’étais contre les IVG de convenance (je ne sais pas ce que cela signifie : une femme désire avorter, elle avorte, je me moque des raisons, bonnes ou mauvaises), j’ai dit que j’étais contre l’avortement par principe pour des raisons éthiques non religieuses, le respect de la vie, mais que je recevais les femmes qui voulaient avorter avec autant d’empathie que possible et que les informais sur les méthodes et les meilleurs endroits pour que »cela se passe bien ».
        Pour ce qui est des viols je respecte encore plus l’avis de la personne qui est en face de moi.
        Je ne refuse rien. Bien au contraire. Mais j’exprime mes doutes venant d’un partisan acharné du respect de la vie, fût-ce celle d’un violeur ou d’un tueur : je suis contre la peine de mort.
        Est-ce complexe à comprendre ?
        Je ne peux que vous conseiller de lire Paul Yonnet, sociologue aujourd’hui décédé, qui a écrit de très belles pages sur l’enfant désiré.
        Bonne journée.

  7. ElliotReid_MD dit :

    J’aime très beaucoup ta conclusion. C’est glaçant mais très vrai. Un souvenir me reste de mon voyage dans un autre Pays des Rêves (pas en guerre celui la, mais avec le même tabou autour de la question de l’avortement) Put*in ce que je m’en souviens de cette magnifique jeune femme, pas plus vieille que moi à l’époque, et qui arrive a pied au dispensaire avec un (petit) sourire contrit pour « fausse couche spontanée » … Je suppose que j’ai du avoir une belle tête de grosse imbécile de blanche naïve quand à l’expulsion, entre beaucoup trop de caillots de sang et un foetus si petit, si transparent mais si bien formé, il y avait des débris de branches…

    Voilà, à la lecture de ton superbe post, son histoire me revient, j’ai envie de m’excuser, 5 ans après, désolée de n’avoir pas réussi à ne pas te juger à l’époque; j’étais qu’une gamine de 19ans qui commence à peine ses études et qui quitte son continent favorisé pour la 1ère fois …. maintenant quand j’y repense je sais bien que jamais je n’aurais eu ton courage, et que oui, bien sûr, ton détachement envers ce foetus de verre, c’était un mécanisme de coping, pas la preuve d’un cœur sec.. Excuse moi.

    Bref, article salvateur, merci Sophie, d’avance ne te laisse pas atteindre par les inévitables trolls qui vont atterrir ici!

  8. mmedejantee dit :

    Merci sincèrement de nous faire partager tout ça. Un gros coup sur la tête pour l’occidentale privilégiée que je suis mais qui même temps me rappelle que les combats (pour le droit des femmes à ne pas être que des utérus, des vagins, ou juste des choses; et pour la dignité humaine) qui certains jours peuvent nous paraître tièdes dans nos contrées paisibles ne doivent pas être abandonnés.

  9. B. dit :

    Encore une belle fessée de si bon matin.

    Tes posts sont rudes. Très rudes.
    Je ne parle pas du style, qui me fait attendre chacun de tes posts comme des centaines d’autres followers aux portes exotiques de ton blog. On piétine. On twitte. On attend.
    Non. Rudes pour la réalité médicale dans laquelle je surnage. Celle du consumérisme et de la prévention outrancière. Rude pour les propres posts que je publie, nombrilistes. Rude pour les préjugés, les opinions politiques faciles et les bannières ridicules qu’il m’arrive de soulever.
    Mais je te remercie. Chaleureusement.
    Merci pour ces durs retours à la réalité mondiale.
    Merci pour ces quelques instants où il m’est possible de porter un œil sur la lunette du réel, loin, très loin de mes avantages sociaux et économiques que m’offre, ce que j’oublie trop souvent, ma société occidentale.
    Ça me rappelle d’ailleurs une chanson de Clarika, « Bien mérité », que tu retrouveras facilement sur Deezer.

    Sur ce, à la revoyure.

  10. Marianne dit :

    Bonjour,
    c’est parce que ma soeur a mis un lien vers ton article sur FB que je suis venue le lire … alors, bien sûr, le petit thé bien chaud du dimanche après-midi a un peu plus de mal à passer après la lecture … merci de nous faire toucher un peu du doigt cette réalité, si loin de nous et dont nous sommes pourtant si grandement responsables …
    J’ai aussi lu avec intérêt ton échange avec le docteur d 16, et moi non plus je ne comprends pas bien son point de vue … il veut bien pratiquer des avortements individuels, mais il est contre en général … parce que ça existe la différence entre l’individuel et le général dans ces cas-là ? Les femmes qui ont recours à l’avortement n’ont-elles pas toutes une histoire et un besoin individuel ? Je ne comprends pas … et je vais sûrement passer pour une sale bornée en disant que ce type de réaction est une réaction d’homme … je suis une femme, mais mon corps ne m’appartient plus à partir du moment où un homme est venu y mettre son grain de sable … pardon, sa petite graine ? Il faut respecter la vie intra-utérine … mais pas la vie de la porteuse de l’utérus … ?
    Et ça me fait mal de me dire que c’est un athée qui dit ça, du coup, qu’est-ce que ce serait avec un croyant, de quelque foi que ce soit …
    Bref, merci pour cet article dur mais important … et courage pour tout ce qui t’attend encore …

    • Anna dit :

      Je m’égare peut-être, mais je pense que docteudu16 dit en gros qu’il est contre l’avortement mais pour le droit à l’avortement, Parce qu’avorter n’est pas génial, mai que sans ce droit on arrive à ce que décrit Sophie. Ce n’est pas qu’un point de vue de mec, non.

    • docteurdu16 dit :

      Je m’arrête là, ne voulant pas emboliser ce blog.
      Que vous disiez que je raisonne en homme, c’est un peu facile.
      C’est votre droit.
      J’imagine que des femmes pensent comme moi. Ey j’en rencontre. Athées également. Que le ciel soit vide, comme dirait Diderot, ne rend pas idiot.
      Bonne journée.

  11. le dinosaure dit :

    « Un jour, j’aimerais bien comprendre pourquoi tant insister pour préserver la vie humaine in utero. Exclusivement, je veux dire. Ou plutôt je ne préfère pas comprendre d’avantage, en fait. « On » s’émerveillerait donc dès la première seconde post-conception et hop, à peine tout-chaud sortie de la matrice maternelle, l’immense majorité des humains peut aller se faire foutre. Sans même parler de celles qui sont autour du produit de conception, quelle drôle d’idée. »
    Je crois que tu touches là du doigt et d’une façon on ne peut plus claire à l’hypocrisie fondamentale de l’être humain… On s’émerveille à l’instant A et l’instant d’après on laisse les gens se débattre dans la merde sans le moindre problème.
    Un sacré coup de poing dans l’estomac quand même ton article!

  12. Epitaf_ dit :

    Je l’ai lu au petit matin… Mon homme m’a dit « t’en fais une tête ». Bah ouais, je me suis pris un mur dans la tronche et le mal de tête ne passe pas.

    On ne regarde que très rarement la télé. Des fois, on s’amuse à couper le son devant les infos et le premier qui devine le topic a gagné. Extrêmement délicat comme exercice : qu’on parle hausse des céréales, rentrer scolaire ou épidémie de SHU, on a la même image, celle d’un supermarché. C’est un peu pareil quand il s’agit de dénoncer une guerre, un génocide, une famine ou bien encore des pratiques mutilantes : on distingue les paysages d’un pays qu’on devine pauvre, filmé de pas trop loin, mais pas de trop près non plus. Rien d’autre, ou à peine. En gros, si je ne lisais pas ton blog, je passerais allègrement au travers des mailles du filet. Et fort heureusement, ce n’est pas le cas. Je ne suis pas naïve, je sais que ces atrocités existent. Mais tes textes les rendent « palpables ». Je sais, ce n’est pas sa vocation ultime, mais c’est important. Moi, quand je lis des histoires pareilles, bah je tombe des nues… Bien évidemment, je ne viens pas là par voyeurisme, mais une piqûre de (r)appel, ça ne fait pas de mal. Et comme ta plume (dé)peint si bien les maux, on s’instruit avec plaisir sur ces sujets si douloureux.

    Merci, encore une fois

    • SophieSF dit :

      De rien:) mais désolée pour le mur. Ces récits sont glauques++
      (nos commentaires se sont croisés dans l’espace pendant que j’écrivais celui qui apparaît après, bref)
      Je partage ta perplexité vis à vis de la télé, « pas trop loin, mais pas trop près », comme tu dis. Je suis un peu naïve, sûrement, mais en s’adressant intelligemment aux gens, si ça se trouve ce serait moins pire. Enfin je ne suis pas sûre, mais c’est tentant.
      Merci beaucoup pour ton commentaire! :)

  13. SophieSF dit :

    @Docteur du 16 : « L’avortement post partum, c’est tuer un bébé qui vient de naître parce qu’il est anormal » OK, compris.
    « Pour le reste : nous sommes d’accord. Mais je voulais dire que l’avortement que j’ai pratiqué et que je fais pratiquer est moralement dur à avaler. Même pour un athée. » voilà, tout d’accord, c’est ce que je voulais dire dans « Et je n’ai jamais vu de soignants qui répondaient légèrement à leurs demandes, et ça ne m’a jamais particulièrement réjouie » ou dans « pas de la tarte » de mon commentaire.
    Merci pour ces précisions:)

    @John Snow @10Lunes et @le dinosaure: oui, c’est quand-même la conclusion qui fait le plus suer, pour être polie, même si le reste n’est pas réjouissant, on va dire:)

    @farfadoc : merci pour le lien:) Je ne sais pas si ça changera avec ces résolutions, avant que ça touche les femmes dans leur coin du monde…en tous cas ces groupes font courageusement un boulot décourageant, pfff. Moi je l’aime ton indignation, change rien.

    @quitterie : merci! Ce sont vous les jeunes qui vous collerez bientôt à tout ça (comme dit mamie) et bon courage, donc:)

    @Pmissime : « Une grande claque de bon matin, accoudée au comptoir… » Je savais que je te trouverai là! :D Plus sérieusement, ça me gonfle tellement que toutes ces morts et ces éclopées de la vie soient presque invisibles, à part pour un petit cercle d’initiés. Le discours actuel sur l’IVG chez nous me donne la nausée et des fourmis dans les mains, du coup je préfère écrire. Suis pas sûre que ça serve à grand chose, à part peut-être qu’au moins « on » ne pourra pas dire qu' »on » ne savait pas ce que ces femmes vivent. Et ce qui nous pend au nez si on laisse faire n’importe quoi autour de nous. Après, ça changera pas grand-chose, donc c’est déprimant. Arf, la « punition  » du pêché, c’est quand-même mon approche préférée, tiens. On n’est pas rendues:( Viens, on retourne au bar.

    @ a : des dérives, ou pas, ce n’est pas trop l’idée principale ici, mais des situations intenables, oui, en masse. Merci d’avoir lu:)

    @Elliot Reid MD : oui, glaçant-décourageant :s Merci d’avoir partagé ton expérience! À 19 ans je crois que j’aurais eu le même genre de réaction, tu sais. So far so good, pour le reste;)

    @MmeDéjantée : oui, il y en a qui ont encore plus le cul dans les ronces que d’autres, nous c’est relativement récent et pas définitif que ce soit « moins pire », ahem. Merci:)

    @ B. : bonbonbon, moi je lis avec plaisir tes posts, sans commenter (la honte) et je n’y ai rien vu de superficiel, bien au contraire. Je suis d’accord sur le contraste (et désolée pour la fessée, huhu) entre l’occident et ces tranches de vie-à-l’envers. On a une chance incroyable, et ce n’est pas incompatible avec nos luttes occidentales. La vision que je partage ici n’est pas le reflet d’une situation globale : c’est vu au travers de ma lorgnette, c’est comme un zoom sur un endroit x à un instant t.
    Même pas en rêve je connais Deezer, mais je vais aller voir ça, au moins pour avoir l’air moins cruche, quand-même. Merci!:)

    @Marianne et @Anna : merci!:) je comprends, et oui je parle d’histoires individuelles multipliées par un grand nombre:(
    Point de vue de mec, ça serait trop simple. Ou effrayant si le monde était tout noir ou tout blanc. Beaucoup d’hommes se sont engagés auprès des femmes (et y compris Docteur du 16 quotidiennement avec ses patientes quand il veut réduire les dommages collatéraux) et continuent à le faire. Et dans notre société actuelle plutôt … condescendante envers les femmes, on va dire ça comme ça, et bien ça aide aussi beaucoup. Parce que comme ils n’ont pas d’utérus au moins personne ne leur lance qu’ils réfléchissent avec, c’est déjà ça de gagné. Même si certains s’en prennent pleins les gencives à cause de leurs positions. Merci beaucoup d’avoir lu et commenté:)

  14. drkalee dit :

    En ce moment je remplace un médecin qui soigne les enfants du foyer d’aide sociale du coin. La semaine dernière, on m’amène N., 17 ans, arrivée il y a 5 jours d’un pays qui semble bien être LePaysDesReves… Elle a été violée (combien de fois???), elle ne parle presque pas, ne mange rien, ne dort pas…
    Une micro-goutte de l’océan de merde de là-bas fait irruption dans mon cabinet tranquille, et je ne sais pas comment m’y prendre. Je ne voudrais surtout pas la traumatiser encore plus… J’ai essayé d’être aussi douce que possible avec elle, de la rassurer… J’avoue, je n’ai pas fait d’examen gynéco, je ne me le sentais pas du tout; la prise de sang me dira bien, 2 jours plus tard que oui, elle est enceinte… (De toute façon je suis bien incapable de diagnostiquer une grossesse avec mes doigts). Heureusement, elle ne semble pas avoir attrapé d’autre chose avec, genre plus compliqué à faire passer.
    Alors ça y est, l’IVG est programmée, et je me dis, heureusement que maintenant elle est ici, j’espère qu’il ne lui arrivera plus rien, qu’elle arrivera bientôt de nouveau à sourire, à manger et à dormir… Quand je lui ai proposé un peu d’alprazolam pour l’aider à retrouver un peu de sommeil, elle m’a dit « non, Mickael Jackson il est mort comme ça… »
    !! C’est la phrase la plus longue que je l’ai entendue prononcer; et elle m’a fait rire… L’instinct de survie, c’est merveilleux… Bon je le lui ai marqué quand même l’alprazolam, on verra bien (en lui expliquant quand même la différence entre alprazolam et propofol…)
    Enfin ça m’a bien remuée cette rencontre. Quand j’étais plus jeune, je voulais être médecin sans frontière… Maintenant j’ai 2 enfants, je pense que je ne le serais jamais. Pas trop de regret finalement, je crois que psychologiquement j’aurais pas tenu le coup…

    Heureusement qu’il y en a d’autres comme toi qui s’y collent, et qui nous le font partager, comme tu dis, au moins on ne pourra pas dire qu’on ne savais pas…

    • SophieSF dit :

      En fait, le PaysDesRêves dans ce récit regroupe plusieurs pays:)
      Ce n’est jamais facile, les parcours de vie comme celui de la jeune fille que tu as vu, et c’est normal que ça te bouleverse. Ça serait le contraire qui serait bizarre en fait:) Merci beaucoup de partager ton expérience ici.
      Mes histoires ont eu le temps de décanter, gros gros avantage d’avoir du recul. Sur le moment c’était bien plus compliqué, au quotidien, un peu comme toi en fait.
      Moi je trouve ça super, comme tu l’as prise en charge. Pas obligé, l’examen gynéco, si tu peux avoir assez d’éléments par d’autres moyens.
      Tu lui as « restauré sa capacité de choix », comme disent ceux-qui-s’y-connaissent en parcours-de-vie-où-c’est-n’importe-quoi, et c’est le plus important de tout.
      Elle va faire son chemin, avancer à son rythme. Beaucoup ont besoin d’un suivi/psy. C’est long parfois, ça rate aussi, mais certaines sont épatantes de ressources, un peu comme la blague sur le propofol;) Elle est sortie du pétrin, c’est déjà ça.
      Si tu avais choisi de partir tu aurais probablement fait la même chose devant les mêmes situations. Et oui, avec 2 enfants, c’est plus complexe. Je ne suis pas particulièrement forte ni rien, tu sais. Je fais des blagues nulles, ça m’aide un peu:)
      Merci beaucoup d’avoir lu et pour ton commentaire!

  15. Jorgeline dit :

    Pourquoi la nature est-elle si mal faite? que cette énergie de vie qui pousse les couples à s’unir produise autant de malheurs? ça me tue! (je ne parle pas des viols, bien sûr, mais des couples qui se désirent, qui se retrouvent ensuite à devoir « gérer » cette situation et y faire face alors qu’au départ ils n’imaginaient que partager du plaisir, pas créer une vie/devoir la détruire).

    il n’y a pas de méthode efficace à 100% pour s’en prémunir (à parti l’abstinence et la stérilisation, et aucune des deux ne résout le problème)! Et ça dure depuis des milliers d’années… Et qu’on en soit encore à se demander comment résoudre cela, c’est une énigme pour moi…

  16. Graziella dit :

    Un vaste sujet en effet, et qui soulève beaucoup de réactions! Dans un sens tant mieux finalement! Au moins on en parle!
    D’ailleurs j’ai choisi d’en parler, avec des jeunes, et ces séances « d’éducation à la sexualité » sont riches et passionnantes, dommage qu’elles soient encore si marginales et méconnues!
    Petit à petit, avec un peu de chance, on sème des petits cailloux ou des graines (sans jeu de mot, c’est pour la métaphore de la récolte!) et qui sait ainsi de quoi demain sera fait? On espère d’un « monde meilleur »!

    Merci de nous faire partager ton expérience, et bon courage pour ces situations du quotidien.

  17. SophieSF dit :

    @jorgeline : je ne sais pas, juste que ça ne marche pas. Merci d’avoir lu!
    @graziella :j’adorerais être une petite souris dans vos réunions, et semer des graines avec vous! Merci pour ton commentaire!

    • Graziella dit :

      N’hésite pas à te rapprocher de l’académie de ton lieu de résidence, nous avons besoin de toutes les bonnes volontés et c’est ouvert à toutes et à tous! Je fais souvent ces interventions avec des professionnels de tous horizons et de tous bords! Après c’est vrai que toutes les académies ne sont pas au même point, mais justement, ça peut aussi être intéressant de faire avancer cette cause!

  18. […] matin le blog « Liberté Egalité Maternité » propose un témoignage poignant d’une sage-femme sur les (nombreuses) patientes qui arrivent à l’hôpital après avoir tenté un avortement […]

  19. Mélanie dit :

    Je découvre ton blog ce matin, et la boule dans la gorge a du mal à s’estomper. J’ai été (modestement) militante auprès de sans papiers pendant quelques années. J’ai rencontré des dizaines de femmes venues du PaysDesRêves; leurs visages, leurs corps racontant bien malgré elles une partie des horreurs qu’elles ont pû vivre. Mais elles étaient debout, toujours dans l’espoir, avec l’envie de vivre et des sourires d’une force extraordinaire.
    Je sais qu’elles en rencontré des Sophie, merci pour elles! … Sur ce, je vais aler chialer un coup ;)

  20. murmure dit :

    Cet article me touche … cela parle de mes expériences passées et présentes…

    Drkalee, je suis désolée de te dire que je ne suis pas d’accord avec ton « heureusement elle est ici, j’espère qu’il ne lui arrivera plus rien » , de mon expérience, ici aussi, des gens profitent des plus faibles et ici aussi, ces jeunes femmes un peu perdues dans ce nouveau pays sont en position de faiblesse. J’en croise malheureusement régulièrement. Et cela ne me boulverse plus mais me touche toujours.

  21. catwoman dit :

    moi aussi je suis « contre l’avortement ». et contre la mort, la maladie, la malformation, la guerre, la souffrance, la douleur, la torture.
    Il ne s’agit pas d’être « pour » ou « contre » un FAIT. Les femmes se font avorter partout sur la planète, et le minimum est qu’elles puissent le faire dans des conditions décentes d’accueil et de sécurité. Bien sûr évoquer des pays en guerre (j’imagine que la personne qui a écrit l’article est en RDC ou un doux pays du genre) est brutal, sale, et répugnant. Mais c’est comme ça que ça se passe. Quand je vois des hommes-médecins bien intentionnés parler d’aller les accompagner et faire de l’éducation culturelle, j’ai envie de hurler, mais de rire ou de rage ? Un enfant non désiré est toujours une catastrophe, pour sa mère, pour lui (vivre en sachant qu’on n’a pas été voulu mais subi…). Et ce charmant docteur qui parle de ce bébé assassiné (c’est l’idée) après sa naissance parce qu’anormal, ça me rapelle étrangement les vidéos des pro-life complètement allumés sur youtube…. Une bonne fois pour toute : si une femme ne veut pas d’une grossesse et du bébé qui va avec, quelques soient ses raisons, elle doit pouvoir avorter dans le calme et la sécurité. Ceux qui prônent autre chose sont au taquet de l’hypocrisie et très, très loin de la réalité. Bravo pour votre article, continuez, rien n’est pire que ne rien dire, « our lives begin to end the day we become silent about things that matter » – Martin Luther King

  22. essaipat dit :

    Bouleversée, émue. Et désolée de vivre dans un monde toujours si hostile aux femmes.

  23. ChaCha dit :

    A reblogué ceci sur Rien Sur ChaCha.

  24. yonyon dit :

    je suis sage femme moi aussi mais qui travaille dans des conditions bien meilleures (meme si j’arrive à me plaindre contre les gynéco,les pédiatres, la paperasse,..!!!).
    je voulais juste réagir (non pas polémiquer sur oui ou non à l’avortement on s’en bat les… à ce stade mais apparement tous les intervenants ne l’ont pas compris ;)
    dans mon boulot je suis avant tout là pour LA FEMME et LES FEMMES:ce ne sont pas des récipients à foetus arretons de ne penser qu’à lui..ça ne m’éclate pas les IMG,les avortements mais je suis LA car laisser seule ces femmes avec leur souffrance est criminel.
    ce sont les patientes qui m’impressioneront toujours par leurs capacités incroyables qu’elles sont capables de développer dans les situations auxquelles elles doivent faire face heureuses ou malheureuses.
    et je remercie toutes ces femmes qui par leurs attitudes (bonnes ou mauvaises) m’ont fait grandir.
    et merci à toi de défendre ces femmes de l’ombre dont il ne restera aucune trace sinon celle sur des stats de santé publique sans rien savoir sur leur histoire, leur souffrance,leur sourire ni meme leur nom.
    PS:avec les conneries des pilules de 3e génération LePaysDesFromagesquipuent va peut etre devoir changer sa veste (et se prendre une veste!) quand son taux d’IVG,d’accouchement sous X ou de gamins non désirés (qui rempliront notre bon systeme de l’ASE) explosera pour 20013/2014

  25. Sous_la_Pluie dit :

    La foi, je l’ai.
    L’avortement, je ne pense pas qu’on puisse être « pour ou contre », et qu’effectivement, comme le disent beaucoup ici, ce n’est pas la question essentielle. Ces femmes ont eu le courage de venir vous voir pour sauver leur vie, comme toutes les femmes qui ont fait un choix (quel qu’il soit) un jour dans leur vie : choisir n’est pas simple, ce n’est pas toujours une joie et on vit avec toujours. Ne jugeons pas du choix de l’autre.
    Alors oui, on se prend un claque en vous lisant, un de plus… mais nécessaire pour ne pas oublier que ça arrive encore trop que les femmes souffrent et subissent, ici ou là-bas.
    Alors oui, merci d’être là pour elles lorsqu’elles arrivent vers vous. Merci d’être là où nous n’avons pas tous le courage, la force, la capacité, la possibilité ou même parfois l’envie d’être.
    Courage à vous car ce sera je pense encore longtemps un combat, ici ou là-bas. Continuez de prendre soin d’elles et garder votre humour (moi… je n’en n’ai pas, ou plutôt, je suis handicapée de l’humour, il va de travers ;-) on n’est comme on est…) car l’humour je pense qu’elles en ont besoin pour vivre et vous pour avancer.
    Et prenez aussi soin de vous… elles comme vous en avez besoin.

  26. Saphaëlle dit :

    Je vous découvre à l’instant et j’ai été soufflée par votre écrit. J’ai eu du mal de le terminer tant la boule dans ma gorge grossissait. On se bat déjà comme ça depuis nos petits pays riches et sous œillères, mais en vous lisant, on se rend compte de combien c’est encore plus important au-delà d’ici.
    Merci à vous pour elles.

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