Humour anglais

C’est une journée, poliment on peut la qualifier de merde. Vraiment. Le jour où tout se conjugue en compliqué et/ou pénible.

Un groupe de militaires bourrés énervés qui fait irruption au bloc pour faire passer leur gars. Ah bah oui, tiens, avec sa petite balle dans l’épaule toute proprette qui ne saigne même pas il va passer avant la femme sub-claquante avec sa rupture utérine, très bonne idée, ça.

Surtout qu’elle a commencé avant, la rupture utérine, et que vu le chantier, c’est vraiment sympa de s’interrompre pour négocier. D’être tous « déstérilisés » aussi, du bonheur en barre. Pour les non-initiés ça implique re-lavage chirurgical des mains et avant-bras, nouvelle casaque opératoire, changer de gants stériles, changer les champs opératoires, parce qu’ils ont tout touché avec leurs mains sales, et ça prend du temps. Pendant ce temps, MadameRupture saigne.

Alors si vous vouliez bien ressortir par où vous étiez entrés, messieurs, ça serait gentil de nous laisser bosser un peu. Allez donc voir à l’entrée de l’hôpital, tiens. Il y a un joli autocollant « armes interdites », genre 50 cm de côté, traduit en 4 langues, écrit en GROS. Pour être sûr, on en a ajouté un dans la salle des urgences où votre pote chochotte est allongé,  un  autre au premier virage du couloir, puis DEUX sur la porte du bloc. Vous ne les avez encore pas vus, ou alors il va falloir changer de lunettes, c’est ballot. C’est pénible et fatiguant, de répéter calmement, SANS S’ÉNERVER surtout. Flippant aussi, parce qu’ils se fâchent vite et se calment plutôt lentement, dans des bruits de kalashnikovs rapiécées au sparadrap qui s’entrechoquent. Le nôtre, de sparadrap, en plus, mais bon, passons. Ça n’aide pas, sûrement, aussi, qu’une bonne partie de leur solde soit en bières. Et ça va recommencer demain, et encore la semaine prochaine. Il y a déjà une vieille balle dans le plafond du bloc, avec leurs conneries. Font chier.

Et ce n’est même pas le début de la journée, vu qu’on a enchaîné la journée de la veille en restant toute la nuit à l’hôpital, que deux patients sont décédés en 12 heures dont un sur la table, que toute la nuit le générateur a refusé de démarrer et donc on a travaillé à la lampe à pétrole ou avec une petite lampe solaire à néons pour opérer.

Dans un autre registre, mais qui complète bien le décor du jour, le laborantin du PaysDesRêves de garde est celui qui a la dyslexie du groupe sanguin. C’est à dire qu’il lit sur son carton de cross-match exactement l’inverse du groupe sanguin et du Rhésus du patient. Effrayant. Ça fait une espèce de saturation en adrénaline assez désagréable, à la longue. Il y met toute sa concentration…et paf, il lit tout l’inverse. InfirmièreDeChoc est jeune, et déjà elle a des cheveux blancs avec ça. On va finir par y arriver, mais bon, même le nouvel anesthésiste, roi absolu du flegme britannique, rougit des oreilles. C’est son maximum. C’est sa première mission et il nous a rejoint au PaysDesFous depuis une semaine. QuietAnesthésiste nous regarde souvent avec des yeux étonnés ou épeurés, ça dépend des circonstances. Il a une carrure de rugbyman et un humour presque à tout épreuve.

Dans ce joyeux foutoir arrive une magnifique jeune femme enceinte de 19 ans. Je sais que c’est idiot, mais elle est vraiment, vraiment belle. Je n’arrive pas à décrocher mon regard de son port de tête, ou de ses beaux pagnes un peu différents de ceux du PaysDesRêves, super beaux. Alors que je devrais m’en foutre royalement, qu’elle soit belle ou pas, ou de sa garde-robe, hein. Ou m’étonner qu’elle arrive debout, aussi.

Ses pagnes et elle viennent du PaysDesRéfugiés. Elle y habite, dans un camp, depuis 7 ans, avec sa famille, comme environ 400.000 citoyens du PaysDesRêves. Avant-hier, elle s’est mise en marche pour son ancien village du PaysDesRêves, une histoire de conflit foncier et de chef de famille malade. Les réfugiés perdent leur droit à la terre, c’est complexe et rien n’est écrit. Elle a donc quitté le camp de réfugiés et traversé la frontière à travers champs. Elle a réussi à éviter les endroits minés, pas comme le patient qui était arrivé mort quelques jours avant, la moitié du corps arraché dans l’explosion. Les deux camps posent des mines, n’importe où, dans les champs des gens aussi, alors ça arrive régulièrement.

Elle a juste commencé à avoir des contractions durant la première nuit de sa marche. Rien d’anormal, elle est à terme. Elle a eu un suivi de grossesse dans le dispensaire du camp puisqu’elle me montre sa carte de vaccination anti-tétanique à l’arrivée. Comme ça je sais qu’elle a eu 2 injections de vaccin anti-tétanique, je ne m’inquiète plus. Dossier complet. Son travail commence, doucement, elle continue à se diriger vers son village natal. La deuxième nuit, une contraction un peu plus intense, elle dit qu’elle a entendu « ploutch », puis elle a eu besoin de pousser, et le bras du bébé est sorti.

Il y a QuietAnesthésiste qui est là, il attend pour savoir si « c’est pour lui » aussi. Je lui traduis en résumant les 48 heures de marche, les mines, « ploutch », et le bras sorti. Il prend la femme dans ses bras pour l’emmener vite dans le bloc. On prévient les autres, partis faire la visite, que potentiellement, on va avoir besoin d’eux. Je l’examine, un bras du foetus est sorti, bleuâtre, le coeur foetal bat normalement, admettons, ça fait juste 15 heures que le bras est sorti. Son utérus n’est pas tout rétracté, il se relâche bien, je peux même bien palper le foetus qui semble bien à terme. Il y aurait bien un peu trop de liquide amniotique mais qu’est-ce que ça changerait? Elle est à dilatation complète ou presque. Comme d’habitude, les panseuses du bloc préparent la salle comme pour une césarienne, en laissant les boites fermées pour ne pas gaspiller, et avec ChirurgienChouette on discute. Il donne son feu vert pour une manoeuvre voie basse. Dans le milieu des cinglés ça s’appelle une Version Grande Extraction, je crois, si vous voulez briller dans les dîners mondains (courage quand-même, sur ce coup-là).

QuietAnesthésiste la prépare, je me lave les mains et vérifie son groupe sanguin avec notre laborantin « dyslexique » , en restant zen bien sûr, ne pas crier, surtout. Anesthésie générale, elle est intubée, c’est bon,  l’extraction est facile, je ne remarque rien d’anormal. Quand j’y repense, je me hais pour le restant de mes jours. Le bébé est sonné, mais récupère vite, il va garder un bras bleu pendant quelques heures mais on n’est plus à ça près. J’en suis encore à l’examiner vite-fait et je dis à QuietAnesthésiste que c’est bon, je vais vite faire la délivrance et vérifier sa paroi utérine. Et là, je me dis « tiens, bizarre, il est… pas bien gros, par rapport au volume utér… » J’empaume le fond utérin et MAIS QUELLE CONNE, quelle conne, quelle conne. QUELLE CONNE. Mais c’est pas vrai, pas possible, je m’assois sur le tabouret du bloc entre les jambes de la femme endormie et je crie à QuietAnesthésiste :

–  » Oh my fucking gosh, there is ANOTHER BABY inside… they are TWIIIINS! » (pour les francophones purs : oh punaise, il y a une autre bébé, dans la dame, ce sont des jumeauauaux« 

-« It’s Okayyy, but it would be even better if you can pull her out too, the sooner the better, isn’t it? » (traduction : ça va, ça va, mais ça serait encore mieux que tu le sortes aussi, le plus tôt, le mieux, n’est-il pas?)

Le reste je ne sais plus trop, honnêtement, je voudrais bien vous dire ce que j’ai répondu, mais ça s’est enfoui dans la cachette secrète de la honte dans mon cerveau.

En pilotage automatique et en apnée, avec le pouls à 240/min, je vérifie la présentation du deuxième jumeau, perce la deuxième poche des eaux, extrait le bébé, rapidement, je veux vite pouvoir vérifier que l’utérus soit bien intact. Je suis sûre d’avoir fait une perforation monumentale, qu’elle va mourir par ma faute, mais QuietAnesthésiste dit qu’elle est stable. Le deuxième jumeau est un peu endormi mais il est vivant et il récupère bien. Je n’ai plus de ventricule gauche, mais dans un demi soulagement, j’annonce bravement à QuietAnesthésiste :

– « Ah, ahah, this time I’m going to take her placenta out, really, and I hope everything is fine with the uterus wall ». (haha, cette fois, je vais chercher les placentas, vraiment, et j’espère que sa paroi utérine est intacte)

– « Are you sure that you do not want to check first if a third one is hiding? Somewhere? With those silly little guys you never know, darling. » (es-tu sûre que tu ne veux pas d’abord vérifier si il n’y en aurait pas un 3eme planqué? quelque part?  Avec ces petits coquins, on ne sait jamais, ma chère)

J’éclate de rire dans mon masque, super élégant mais tellement libérateur. Finalement, son utérus est intact, la délivrance se fait presque trop facilement. C’est un peu laborieux d’avoir les deux placentas et je vérifie tout méthodiquement. Elle arrête de saigner, en genre 3 minutes, avec de l’ocytocine. Je dis à QuietAnesthésiste:

– « We have to give her a lot of ocytocine because they are TWINS! »  (on doit lui donner beacoup d’ocytocine, ce sont des JUMEAUX) Je n’y crois toujours pas.

-« I noticed too. Yes, indeed ». (J’ai remarqué aussi. Oui, exactement) Je lui dois au moins une bière, et que le XV de France perde le prochain match contre l’Angleterre serait encore mieux.

Sérieux, elle a une bonne étoile Mastercard Gold, cette femme. J’examine les deux placentas et les membranes, j’essaie de comprendre comment j’ai pu faire une bourde pareille, je vois bien les 2 poches, les 2 sacs amniotiques séparés, mais nom de dieu comment en introduisant ma main je n’ai pas senti le 2eme jumeau? Ça se peut, ça? Et qu’est-ce que j’en sais, d’abord? Et en palpant son ventre, il n’était pas caché bien loin, quand-même? Aucune réponse à toutes ces questions, bien sûr. QuietAnesthésiste fait encore une ou deux blagues so British chouettes, si seulement je m’en souvenais je les raconterais ici.

La femme se réveille, limite pimpante. Elle dit que c’est bien, les jumeaux, finalement, qu’elle va s’habituer. Je la convaincs de rester au moins jusqu’au lendemain, parce qu’elle veut déjà repartir, évidemment. Je sors enfin seule dans la cour arrière de l’hôpital. Je m’entends crier « RAAAAAAH, mais bordel ». J’essaie de refaire le film de ce qui vient de se passer, il m’en manque déjà des morceaux. J’avais tenté d’arrêter de fumer la semaine dernière, ça tombe mal. Je regarde mes pieds couverts de liquide amniotique et je remarque que si je pouvais me voir je me ferais peur. J’ai du sang sur le coude droit et je pue la vieille sueur, le burn-out et la panique. Et tout ce qui me vient, c’est que vraiment, sans humour anglais je ne sais pas comment j’aurais fait.

P.S : le lendemain je la prends en photo, juste pour m’assurer qu’elle existe vraiment, et parce qu’elle est toujours aussi belle, avec ses bébés dans son lit. Et vivante, en plus.

29 réflexions sur “Humour anglais

  1. Delf&Cam dit :

    Coucou Sophie,

    Ce qui m’a le plus marqué dans ce billet ce n’est pas le fait que tu ais « loupé » un des jumeaux (avec la fatigue, le stress, j’imagine que ça doit arriver), mais que la maman ait traversé une frontière, marché pendant deux jours alors qu’elle est en travail! Moi je dis bravo Madame. C’est ce qui me marque le plus à chaque fois que je te lis, le courage de ces femmes d’accoucher dans des conditions difficiles (et encore vous êtes là, mais combien n’ont malheureusement pas cette chance), quand nous en France on en est à choisir de quelle façon on souhaite accoucher.
    Bref une belle leçon d’humilité et de courage.

    • SophieSF dit :

      Oui, elle m’a soufflé aussi, comme tu dis. Plusieurs années sont passées et je pense encore à elle, parfois. Elle a marché 2 jours, dont 15-16 heures avec le bras du foetus sorti, des contractions qui devaient être au minimum dérangeantes et tout ça toute seule.
      En fait, un grand nombre de celles qui n’ont pas la chance d’avoir un professionnel qualifié à l’accouchement grossissent chaque jour les chiffres de la mortalité maternelle. Le PaysDesRêves est dans le peloton de queue pour beaucoup d’indicateurs.
      J’en parlerai un jour, mais il y en a aussi beaucoup qui survivent avec des séquelles graves, à type de fistule, par exemple, dues à une complication pendant l’accouchement.
      La différence de taille est que les femmes dont je parle dans ce blog n’ont pas de choix, ou très peu. Leur situation est très anormale, la nôtre, occidentale l’est d’avantage. Mais cette différence est extrêment dérangeante, c’est sûr.
      Merci d’être venue lire, et commenter! :)

  2. Docarnica dit :

    Tripant, un vrai scénario de film, merci pour cette émotion .

    • SophieSF dit :

      Ouhla, un film comme ça, j’aurais bien trop peur, de voir ça « de l’extérieur ».
      De rien, vraiment, écrire cette émotion m’aide pas mal à classer mes souvenirs dans la bonne case de mon cerveau :)

  3. Lelen dit :

    Et bien, juste j’imagine très bien cette beauté scotchante…et la saveur de l’humour anglais dans de telles circonstances…
    Mais surtout merci de nous faire partager ces émotions..avec des mots si bien trouvés…
    Chapeau bas.

    • SophieSF dit :

      ah oui, heureusement qu’on a beaucoup rigolé aussi, pas toujours très finement, mais j’assume ;)
      Merci pour le compliment, et -message automatique- : « n’importe qui dans la même situation aurait fait plus ou moins la même chose, remets donc ton chapeau » :)
      En plus, si ça se trouve, une autre personne l’aurait vu, elle, le 2ème jumeau comme le nez au milieu de la figure!

  4. marilor dit :

    Encore un magnifique texte, merci ! Vivement le prochain !
    En attendant, une vidéo d’un doc diffusé sur arte qui devrait t’intéresser… http://videos.arte.tv/en/videos/naissance-d-une-sage-femme–6948692.html

    • SophieSF dit :

      bon, je ne peux pas lire la vidéo d’ici mais le résumé avait l’air intéressant, merci quand-même.
      Le prochain, le prochain, d’accord, mais pas super vite non plus hein ;)

  5. Beatrix dit :

    Magnifique! quelle aventure! et j’ai même pas pleuré cette fois! :)

  6. Carojal dit :

    Tellement vrai. Et tellement important d’avoir la bonne personne avec soi, quelle que puisse être l’issue d’ailleurs.

  7. Epitaf_ dit :

    Cette histoire me touche particulièrement parce que ma môman avait été « zappée » par l’obstétricien qui accouchait ma grand-mère. Heureusement que mon grand-père trouvait sa femme encore un peu trop ronde à son goût… Bien sûr, rien à voir avec tes conditions de travail : je parle ici d’une petite clinique bien proprette.

    Mais pour en revenir à ton texte, pffiou… Il n’y a pas à dire, on a la plume ou on ne l’a pas. De nombreux blogs bien écrits fleurissent un peu partout mais je compte sur le doigt d’une main les textes dont je peux deviner l’auteur sans avoir vu sa signature.
    Bien sûr, la singularité de tes histoires alimente ce style si particulier, mais ta façon de narrer les évènements est unique. « Flippant aussi, parce qu’ils se fâchent vite et se calment plutôt lentement », cette phrase, par exemple m’a saisie. Parce qu’on imagine que trop bien la scène.

    Je ne sais pas si l’humour anglais de ton QuietAnesthesist t’a aidée, mais ton humour n’a rien à envier… « laborantin du PaysDesRêves de garde est celui qui a la dyslexie du groupe sanguin » huhu : toi aussi tu as dû être précieuse pour ton équipe dans tous ces moments intenses.

    Encore bravo.

    • SophieSF dit :

      oups, dis, l’histoire de la naissance de ta maman, ça a du lui boucher les coronaires, à l’obstétricien, un peu, même dans sa clinique.
      Merci pour les beaux compliments, je prends tout, c’est décidé.
      Je suis contente que la phrase sur les militaires bourrés au bloc ait « fonctionné ». C’est pas toujours évident de dire de façon acceptable un truc comme ça. Ils criaient tous en même temps en essayant d’attraper les champs, et se bousculant, bref :s
      Et oui, on a aussi bien rigolé, heureusement. Comme ça on buvait aussi un peu moins souvent, c’est toujours ça de gagné. On ne rigolait pas toujours de façon adaptée, non plus, beaucoup de défense ou de blagues nulles, un psy serait haheum intéressé, on va dire ça comme ça;)
      Merci encore pour ton commentaire :)

  8. irène dit :

    quel beau texte et quelles terribles et magnifiques histoires! ne pas culpabiliser de ne pas avoir « vu » le deuxième jumeau mais surtout se féliciter d’avoir fait un job incroyable dans des conditions elles aussi incroyables

    • SophieSF dit :

      Merci pour le compliment! Là en fait pendant la version j’ai juste senti que c’était comme un peu « serré », mais bon, c’était une primipare et la première pour moi dans ce cas. Je me suis sentie bien bécasse. Heureusement qu’elle était jeune, primipare avec un utérus plus solide qu’une grande multipare, on ne saura jamais, bref.
      J’avais sans doute envie de terminer vite, aussi, ça a surement joué un rôle.
      Merci encore chère consoeur :)

  9. Quelle histoire ! Ma vie me semble bien insignifiante tout d’un coup !

  10. Marie, Paris dit :

    Wow, quelle claque, merci de tout coeur de partager ça!

  11. BikB dit :

    Magnifique !
    J’ai eu presque la même quand j’étais étudiante. En vraiment moins stressant, une garde de nuit super calme au CHU. Une deuxième pare énorme et non suivie arrive à complète, nous l’accouchons d’un petit garçon de 2900g. le placenta n’arrivant pas, on me demande d’examiner, et là je suis tombée sur un membre… Et je n’ai pas vu la grande extraction de J2 par l’interne car on m’avait envoyé allumé le bloc opératoire ! Quel dégoût ! mais je pense que ça restera le souvenir le plus marquant de mes études…

  12. Kalindéa dit :

    Waouh, quelle journée, en effet !!
    Ça n’est pas étrange pour toi de repenser à cette époque?… En te lisant, on se sent tellement dans un autre monde, une autre dimension…
    Je ne sais pas trop quel passage est le plus marquant mais l’ensemble est juste percutant!
    Merci pour le partage…

    • SophieSF dit :

      Si, parfois ça fait bizarre, je dois relire mes notes pour vérifier que c’est bien arrivé comme ça ou j’interroge mes anciens collègues pour vérifier que ça a existé. Ah oui, ce jour était vraiment trop pourri, j’ai eu besoin de rien relire, tellement je m’en souviens encore!
      De rien :)

  13. Georges dit :

    Merci pour votre blog tout simplement….

  14. nanou dit :

    J’ai découvert ton blog il y a peu , bravo! une question me revient à chaque lecture : que fais tu maintenant? comment arrives tu à bosser en France ? genre , comment supportes tu les protocoles , le manque de sens clinique de certains gynéco-obst ,les CAT délirantes parfois et le tout puissant « médico-légal » au détriment de la réflexion, les internes en 1er semestre qui t’apprennent ton métier, les examens paracliniques à tour de bras « au cas où on sait jamais  » etc etc … je n’ai jamais fait d’humanitaire et tout ça me gonfle un peu parfois (ou beaucoup souvent!) alors comment gères tu ça avec cette expérience ? et je parle pas de certaines patientes ultra demandeuses, ultra matérielles, « mais c’est inadmissible il n’y a pas de tapis dans la salle de bains  » ou autres … parviens tu à prendre du recul et faire la part des choses? en tous cas bravo encore une fois,pour toutes ses femmes que tu as sauvées (ben si quand même un peu!) , pour ton écriture et pour nous faire partager tout ça!au plaisir de te lire!

    • SophieSF dit :

      En fait maintenant je ne travaille pas en France, mais pour d’autres raisons.
      Les protocoles sans réfléchir m’insupportaient déjà avant, ça ne s’est pas arrangé mais je crois que c’est d’avantage lié à l’âge. Mes remplacements entre les missions me laissent des souvenirs mi-bons, mi-cuisants. Après, la demande des gens varie d’un endroit à l’autre. Comme tout le monde ma réaction dépend de mon planning, mon état de fatigue et de l’heure de la nuit.
      Merci pour ton commentaire, et tes compliments:)

  15. caroline dit :

    que dire , c est superbement raconté, c est emouvant, meme drole parfois donc je dis un seul mot:magnifique( et bon courage pour la suite)

  16. J’aime beaucoup !
    Tu as des choses à dire et tu les dis extrêmement bien, merci de tout ce partage.
    On a effectivement soif de personnes authentiques comme toi, alors merci à toi.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :