Petits mots et lance-roquettes

Parmi mes choses préférées durant la mission au PaysDesRêves, les petits mots venant de l’hôpital occupent une place de choix. Un petit morceau de papier grisâtre, une enveloppe de gants stériles, ou un morceau de feuille de cahier ligné, avec la belle écriture de l’infirmière de PaysDesRêves et beaucoup de majuscules stylisées. A en rendre jalouse une institutrice à chignon du début du XXème siècle. C’est de cette façon que l’infirmière de garde peut nous prévenir si elle a un problème. Et ça arrive assez souvent, faut dire.

Notre maison-bureau est située à l’opposé de l’hôpital, dix minutes pour traverser la ville. Elle envoie donc un messager, à vélo, chargé de venir nous trouver avec la précieuse missive plus ou moins désespérée. Il y a bien quelques téléphones portables, nous en avons un mais pas le personnel de l’hôpital. Le réseau ne fonctionne pas toujours, encore moins souvent quand on en aurait vraiment besoin. Nous avons aussi des radios VHF pour se contacter entre nous en cas de déplacement ou problème. Quand on part de la maison, le gardien de la maison-bureau en a une, et si le porteur d’un précieux message arrive en notre absence, il crie « Hôpital, hôpital » dedans, et on sait que pour ce dimanche, le marché, c’est cuit. Notre système est relativement au point. On ne peut pas laisser une radio à l’hôpital, parce que c’est très complexe à importer au PaysDesRêves. On aurait aussi de très gros ennuis avec le GrandGénéral si notre radio avec son joli autocollant était retrouvée dans des mains mal intentionnées. Et comme c’est déjà arrivé, on fait profil bas.

En plus, c’est beaucoup moins chouette la radio que les petits mots bien écrits, faut dire. On a tous notre best-of personnel, mais beaucoup commencent par « Oh vous Grands Docteurs …», « Oh vous cher Chirurgien des situations désespérées» suivi du problème énoncé avec plus ou moins d’emphase et de précisions. Écrit en parfait français, sans jamais une faute d’orthographe ou de conjugaison.

Ceux qui me sont destinés commencent souvent par « Très chère Madame Sophie », « Oh vous Grande Sage-Femme Sophie de la GrandeOrganisation », « Je vous implore Sophie de », un touchant « Gentille Sage-Femme Sophie », ou « Que Dieu vous fasse recevoir cette lettre Madame Sophie ». Ca peut flatter l’égo, certes, mais il faut garder à l’esprit que la façon de communiquer des soignants de l’hôpital est très respectueuse du protocole. Les relations qu’on entretient au quotidien sont beaucoup plus informelles et détendues, mais à l’écrit, le protocole l’emporte. La suite du petit mot comporte des éléments plus ou moins précis sur l’état de la patiente en question, commençant souvent par « Cette femme qui s’est trouvée en état de grossesse après les grandes pluies » (facile pour calculer le terme), « Malgré la brutalisation tenace elle ne se réveille toujours pas », « J’ai pris la tension qui est soudainement devenue inexistante », « Le sang s’écoule maintenant en vagues infinies et continues ». Plusieurs reflètent une urgence ou un désarroi complet, tout comme certains « Au secours, aidez-moi, mon Dieu» qui concluent le message. Avec signature, nom, prénom, grade, matricule et tampon de l’hôpital, pour faire plus officiel.

Le problème du petit mot, c’est sa tendance à arriver quand on n’en a pas vraiment envie, parce qu’on dort, par exemple. Ou parce qu’on est en train de se rincer les cheveux avec une tasse et de l’eau froide, et qu’on aurait bien aimé terminer, vu qu’on a pas pu le faire ce shampoing depuis une bonne semaine, et que ça démange un peu, du coup. Ou parce que pour une fois qu’on mange un truc mangeable, on aurait bien voulu terminer. Ou parce qu’on a un peu trop bu, mais pas trop non plus, à cause des petits mots qui apparaissent trop souvent. Au début, le petit mot ne dérange presque pas, ensuite la fatigue n’étant pas l’amie de l’action, c’est plus difficile.

Quand le petit mot arrive de nuit, le gardien gratte à la moustiquaire de la fenêtre de ma chambre, grand saut effrayé assuré à chaque fois. Si je ne dors pas encore, j’entends de loin  » age-femme…ophie » et je sais que c’est foutu, raaaah. Je lui ouvre la porte, prends le mot, m’énerve parce que l’électricité est encore coupée, et qu’évidemment je ne trouve ni lampe de poche, ni allumettes pour la bougie, et enfin je lis le petit mot. Et merde, il est 3 heures du matin, ça a l’air grave et la nuit est foutue. Je vais réveiller l’anesthésiste ou ChefAdorable, le plus doucement possible. Il sursaute quand même, je lui explique, on ronchonne en se préparant vite. Sauf grosse catastrophe obstétricale très évidente à la lecture, pour laquelle on part tous ensemble, je ne réveille pas tout le monde. Donc c’est soit ChefAdorable, soit l’anesthésiste qui ont la joie de me tenir compagnie pour un doux moment d’obstétrique nocturne. Cette chance tombe souvent sur l’anesthésiste, quand même, et juste pour ça je vais l’appeler AnesthésistePatient.

Cette nuit là le petit mot tamponné deux fois et souligné en rouge parle de bras qui est sorti, contrairement au bébé. Ça sent donc d’assez loin la manœuvre obstétricale et il ne viendra pas pour rien. On verra sur place si le reste de l’équipe a besoin de venir ou non. Pour l’instant on va les laisser dormir. On part toujours à deux. C’est une règle de sécurité absolue. Vu le niveau d’insécurité, ce n’est pas une bonne idée de se déplacer seul, encore moins la nuit, encore moins pour aller à l’hôpital. Pour être franche, j’aurais bien trop peur toute seule, alors ça m’arrange bien. Une fois prêts, on choisit une voiture et c’est parti pour le long quart d’heure que je n’aimerai jamais. Le messager embarque son vélo à l’arrière de la voiture, monte avec nous et on démarre.

Militaires au rond point, on roule donc toujours lentement avec le plafonnier allumé, et parfois en arrivant sur le chemin de terre qui mène à l’hôpital on éclaire le grand drapeau de la voiture avec une lampe de poche. On se sent un peu comme des andouilles, à faire ça, mais c’est toujours mieux que d’être confondus avec des rebelles. Parce que l’hôpital, à la tombée de la nuit, ça devient une base militaire. Non seulement plusieurs militaires y sont hospitalisés, mais aussi c’est sur une route d’entrée stratégique de la ville.

Le portail est fermé, et un soldat tout juste majeur garde l’entrée. Il nous laisse toujours entrer bien sûr, mais parfois il s’est assoupi, ou parti pisser et on attend devant le portail. Comme des cons. Ne pas klaxonner, ne pas s’énerver, c’est pas comme si il y avait une urgence, non plus, hein. Et AnesthésistePatient, au volant il est bien moins patient qu’au bloc. Il défoncerait bien le portail avec le pare-buffle pour leur faire les pieds. Pas une bonne idée non plus. Le planton arrive enfin, avec son lance-roquettes négligemment en bandoulière, pour ouvrir. J’ai la frousse quand il se penche pour débloquer le portail parce que ça ne rate jamais, ça nous met un peu trop dans l’axe de tir, sans faire exprès. Et vu que je ne suis pas 100% sure qu’il ait compris l’intérêt du cran de sécurité, encore moins avec ce qu’il a bu, je ne fais pas la fière. L’équipe opère aussi très régulièrement des militaires qui se sont blessés avec leur propre kalachnikov, ça n’aide pas à construire la confiance. Il y a aussi des patients qui se font tirer dessus en allant aux latrines la nuit, dans la cour de l’hôpital, sans faire exprès. C’est même arrivé à l’un des militaires en ronde de nuit. Une histoire qu’ils ne se seraient pas reconnus, entre eux. Pas trop trop honorable comme blessure de guerre. Raté pour la médaille. Ca a bien l’air de faire mal pareil, pourtant.

On se gare dans la cour non éclairée de l’hôpital. Message radio pour prévenir, bien arrivés à destination, ChefAdorable peut se rendormir d’un oeil. On part à la recherche de la patiente et de l’infirmière, qui nous attend, avec sa lampe à pétrole. La femme a le visage crispé, sans plus. Je l’examine, c’est bien un bras du fœtus qui sort, un peu bleuté mais à l’auscultation, le rythme cardiaque du foetus a l’air normal, un peu tachycarde, la mère a une fièvre modérée, ça colle. Enfin on pourrait mieux l’entendre, le coeur foetal, dans mon stéthoscope de Pinard, si au même moment AnesthésistePatient et le brancardier n’essayaient pas de démarrer le générateur qui est juste de l’autre côté du mur de la salle d’accouchement. En voyant le bras dépasser, il s’est dit qu’on serait mieux avec un peu plus de lumière. Le générateur sert en cas de coupure d’électricité, donc souvent, et il fait un bruit d’enfer, surtout au démarrage. Il est source de beaucoup de frustration et d’énervement, mais au moins on y voit bien mieux, c’est déjà ça.

A la palpation son utérus se relâche bien, on va pouvoir tenter une manœuvre pour sortir le bébé. Chouette. AnesthésistePatient prépare son matériel pour l’anesthésie générale. J’apprécie son calme. Il ne râle même pas quand il s’aperçoit que la bouteille d’oxygène de la salle d’accouchement est presque vide. Et qu’en branchant le concentrateur d’oxygène on sait bien que ça va faire sauter puis immanquablement s’arrêter le générateur, oh joie infinie. Il trouve une autre bouteille, finalement, et on commence, avec l’aide de l’infirmière de PaysDesRêves.

J’adore les manœuvres, je trouve ça beau. Je ne sais pas si quelqu’un qui ne fait pas d’obstétrique peut comprendre ça, mais je l’écris quand-même, tant pis. C’est le seul moment où j’arrive à avoir une vision en trois dimensions correcte, et je trouve le mécanisme particulièrement bien fait. C’est comme une énigme : alors, sa main est orientée comme ça, les fesses sont là, on palpe bien la tête ici, donc si je ne me trompe pas ses pieds vont être par ici, orientés comme cela. Quand ça fonctionne, que je ne me suis pas trompée, je jubile. Pour une fois que je comprends et maitrise presque un truc, dans ce PaysDesRêves, je ne vais pas bouder mon plaisir. C’est aussi un mélange de force et de douceur, c’est fragile et solide, c’est chaud et moelleux, ça me fait tripper, on a compris. Je ne raffole pas du stress qui va avec par contre, mais c’est vendu ensemble, obligé. Ici tout se termine bien, je refoule lentement le bras et l’extraction est relativement facile. Le bébé va bien après quelques stimulations. Ce n’est pas comme sur des roulettes tout le temps non plus, mais cette fois c’est facile. Délivrance artificielle et révision utérine rapides, elle s’arrête vite de saigner, tant mieux.

Au réveil elle est surprise et contente que son bébé soit vivant, et voudrait bien partir quand le jour se lèvera, même. Euh, non. Après discussion elle accepte de rester jusqu’à l’après-midi. On termine, reste un peu pour la surveiller, prescrit la suite, ses antibiotiques, et on rentre. L’aube se lève à peine, on retourne à l’hôpital dans trois heures. Ou au prochain petit mot.

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13 réflexions sur “Petits mots et lance-roquettes

  1. 10lunes dit :

    Celle qui n’a jamais même imaginé pratiquer de telles manoeuvres, qui bénit l’obstétrique moderne de nous préserver de ces situations, qui n’a qu’un banal coup de fil ou de bip à donner pour obtenir de l’aide, qui n’a connu que le luxe d’un système de soin rodé, qui n’a jamais mis un orteil dans un pays en guerre, qui sursaute à la vue de militaires en arme dans les gares pour cause de plan vigipirate, cette sage-femme là t’envoie tout son respect, son admiration et te remercie de lui faire si bien découvrir un monde dont elle ne sait rien.

    • SophieSF dit :

      Ouhlala, merci pour ton commentaire. Hébé, je suis touchée+++
      Pour les manoeuvres, j’ai eu la grande chance de bosser avec la grande prétresse de la voie-basse. Celle qui hurlait que quand on fait plus de 11-12% de césariennes, « c’est plus de l’obstétrique, bandes de nuls » hum hum. Je m’en suis pris plein les dents avec elle, me souviens de ses colères:( mais elle m’a appris les manoeuvres et fait rentrer la mécanique obstétricale à grands coups de pieds aux fesses.ça m’a beaucoup servi.
      Ah et les Vigipirates and Co., rassures-toi, j’ai un poil du mal avec eux aussi. Ici c’est le modèle RayBan chewing gum, pas le modèle béret rouge bien dégagées les oreilles, mais ça me fait pareil. Un jour, si j’arrive à l’écrire et que ça me fait plus trop peur, j’expliquerai le pourquoi.
      Merci encore tellement pour ton commentaire!:)

  2. docmam dit :

    J’aime te lire, parce que tu racontes bien, et parce que ça me rappelle des souvenirs de mes voyages dans un PaysDesRêves aussi. Plein de choses qu’il faudrait que je raconte aussi.
    Il y a eu aussi un bébé qui voulait naître par le bras, et il aurait fallu faire une césarienne… mais elle n’avait pas de quoi la payer. Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus.

    Continue en tous cas, c’est vraiment un plaisir de te lire.

    • SophieSF dit :

      Merci!
      oh, mais c’est trop bien que tu racontes ton expérience. Si tu te lances pour l’écrire, je le lirai avec grand plaisir.
      Et oui, ça fait chier ce recouvrement des couts qui fait que les gens doivent payer pour leurs soins, mêmes vitaux comme dans le cas que tu racontes. Un mec du FMI et de la Banque Mondiale se sont dit un jour que ça permettra de financer les hôpitaux et le système de soins (en très gros). Grande idée, hein, même dans les pays occidentaux ça marche pas leur affaire:(
      Oui, promis je vais essayer de continuer, j’ai des histoires en gestation, pas à terme là:-D Merci encore!

  3. mmedejantee dit :

    Comme ils sont captivants tes récits!! Je commence et je n’arrive pas à m’arrêter!!! On a l’impression de voyager avec toi, de rencontrer tous ces gens… et quel stress cela doit être que ces manoeuvres (moi qui suis déjà au supplice quand les affreux coincent leurs têtes entre les barreaux d’une chaise!!)… Comme j’ai hâte d’en lire encore et encore!!!

    • SophieSF dit :

      merci merci:) ah, les barreaux, trucs avalés coincés et autres joyeux moments de maternage épanouissants, je partage ton supplice régulièrement, si ça peut te rassurer:-D

  4. lilou dit :

    Comme pour le premier texte, tout y est, la tension, le rire, le stress et le soulagement!
    Merci pour tous ces moments partagés.

  5. marilor dit :

    Bravo! Magnifiques textes qui saisissent le lecteur et ne le lâchent plus. J’ai hâte de lire la suite, déjà abonnée au flux RSS. C’est admirable de justesse, d’équilibre entre information et émotion, on sent l’authenticité du vécu sans pathos inutile, juste parce que c’est comme ça que ça s’est passé. Je me demande, pour rebondir sur le commentaire de Dixlunes et ta réponse sur les manoeuvres, comment est-ce qu’on fait quand on est face à des situations d’obstétrique qu’on n’a pas forcément pratiqué en vrai en tant que SF, parce que chez nous on ne laisse(rait) pas une femme en arriver là (du moins, je suppose, je ne suis pas dans le domaine médical) ? J’imagine que ça doit être très formateur… (Désolée si la question est naïve…). MERCI en tout cas de nous faire partager ce vécu.

    • SophieSF dit :

      Merci! C’est bien de me dire pour le flux RSS, j’avais pas d’idée c’était quoi avant, ça me cultive :-D
      Je prends tous les compliments, sinon:) Nan, je rigole.
      Et quand on est en face, on fait pareil que ce qu’on a appris. C’est pour ça qu’on a intérêt à apprendre avant. On apprend les manoeuvres à l’école de sages-femmes déjà. Comme dis à 10Lunes, j’ai eu la chance de travailler dans une maternié très orientée voie-basse. Donc des manoeuvres pour des bébés en siège,le 2eme jumeau, en siège, par exemple, il y en avait. Mais je les faisais avec la chef de service, pour apprendre avec elle qui maitrisait le truc. Avant les missions suivantes, je retournais à l’hôpital entre mes gardes pour apprendre ou perfectionner des gestes, ou faire des recherches. Après, et ça n’apparait pas assez dans ce billet, je me sentais bien seule et bien stressée d’en avoir la responsabilité. La GrandeChefe du début de ma première mission, qui était à la capitale du pays, etait gynéco-obst, je pouvais en parler avec elle après coup, ou qu’on en discute, ca faisait du bien. Sais pas si c’est clair : ce sont les mêmes gestes, mais dans des situations et pour des indications un peu différentes. Question pas naïve du tout, donc;)

      • marilor dit :

        Merci, très intéressant! En fait, j’ai l’impression à te lire que tu n’as fait QUE ton métier mais TOUT ton métier quand certaines SF que je connais (dont celle qui m’a accouchée, mais elle était jeune c’est vrai) m’ont dit qu’avant de bosser là où elles bossaient (càd dans une structure qui privilégie physiologie et voie basse, ou en maison de naissance) elles n’avaient JAMAIS accouché de femmes qui n’étaient pas sous péridurale. C’est dingue quand même ! Du coup, elle avait dû notamment (ré)apprendre à gérer la douleur d’une femme qui accouche pour pas paniquer, elle. Alors les sièges ou les jumeaux version Dame nature, je te dis même pas ! Y’a tellement de lieux où on se pose pas la question, c’est péri et césarienne direct, bref, c’est un autre débat.
        Mais j’imagine très bien, même si tu ne le dis peut-être pas assez, quoique ça se lit entre les lignes, que le stress et l’adrénaline doivent être décuplés quand tu es seule pour faire tout ça, dans des conditions d’hygiène et de sécurité limites. Bref, chapeau, vraiment !

  6. arnaud dit :

    Oulala! On peut dire que c’est haletant ce récit et cru aussi. C’est terrible cette horreur et la violence qu’on sent. J’avoue que souvent j’en ai marre des soignants qui vont faire les héros à l’autre bout du monde pour se sentir mieux mais là, je ravale tout. Je suis fasciné et bravo pour avoir été à ce moment là dans cet endroit là. C’est presque mythique, avec un peu de Shining (pour le sang) et du cauchemar de Darwin (pour la décharge) et du dernier Roi d’Écosse (pour les « militaires »). Il y a tellement d’humanité pour le meilleur et le pire… et la situation semble tellement fragile avec tous ces hommes en armes, cette injustice partout qui fait mal et là-dessus, la maladie la mort! Je me demande comment tu pensais aux dangers éventuels, en serrant les dents? Qu’est ce qui te faisait tenir et rester? C’est fou!

    • SophieSF dit :

      Merci!
      Moi aussi, les mêmes me gonflent. Parce que des héros, j’en ai pas vu, moi. Des « qui disent que », oui, mais en général ils repartent assez vite le raconter à tout le monde:-D
      Les dangers sont assez différents de ce qu’on peut imaginer en fait. On peut toujours être au mauvais endroit, au mauvais moment. Les moments où j’ai eu peur « pour de vrai » sont rares, finalement. Même dans un pays en guerre, il y a finalement beaucoup de moments calmes et routiniers, étonament. Je serre les fesses, sinon, en meme temps que les dents, en me demandant ce qui m’a pris de venir ici.
      Ce qui fait tenir, c’est l’envie de continuer (oui, merci), les satisfactions personnelles, même toutes petites, et surtout de ne pas avoir envie de laisser tomber les gens qu’on soigne, tout comme chez nous, en fait. C’était aussi un rêve depuis longtemps.

  7. One Day ... dit :

    Ah oui quand même :)
    L angle de tir, on n y pense pas jq a ce qu on soit la cible !!!
    Les fondamentaux ont du bon. C est quand on manque de moyens que l esprit trouve des solutions , une forme d instinct de survie.

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